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:: [PC] Assassin's Creed ::
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Jonathan o Maestrim
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MessagePosté le: Mar 10 Nov - 18:03 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant



Assassin's Creed



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LES VIDÉOS :

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Assassin’s Creed – Séquence 1/7 – 2 septembre 2012

Hé bien bonjour à tous et bonjour à toutes ! Ici John Bacc de Frapstesjeux.fr et nous nous retrouvons aujourd’hui pour la partie approfondissement de la Séquence 1.
Voilà le programme : D’abord, je vais vous présenter les développeurs et leur travail sur le jeu. Puis je vais introduire les personnages du présent, Desmond et sa bande. Ensuite commenceront les joyeusetés avec les origines de la secte des Assassins et ceux qui incarnent ses membres dans le jeu. Pour ne pas faire retomber la bonne ambiance j’enchainerai sur les origines des Templiers avec, une fois encore, leur représentant dans le jeu. Après nous ferons une petite pause dans le temple de Salomon, premier lieu que nous rencontrons avec Altaïr, et sa fameuse Arche d’Alliance. Finalement je terminerai sur la présentation des Croisades, ce qui occupera près de la moitié de cette partie d’approfondissement. Bien.

I. Présentation

Commençons par une description des créateurs de la franchise.
Ubisoft est une entreprise française, à ce jour troisième éditeur mondial de jeux vidéo, fondée le 28 mars 1986 par les cinq frères Guillemot. Le nom « Ubisoft » vient de la contraction des mots « Ubiquité » et « soft », ce qui souligne la volonté des fondateurs de travailler non seulement en tant que développeur mais également éditeur et distributeur, réunissant ainsi toutes les facettes de cet univers vidéo ludique. A l’époque l’industrie des jeux vidéo est en pleine expansion, les frères parviennent à convaincre leurs parents, qui étaient dans le commerce de produits agricoles, de se recycler dans un magasin d’informatique. Depuis, seul Yves Guillemot est resté le PDG de l’entreprise mais ses frères dirigent d’autres sociétés. Ubisoft voit sa notoriété grandir rapidement grâce à ses contrats de distribution et surtout par la création du projet de Michel Ancel en 1995 « Rayman » qui sera une franche réussite et connaitra un grand succès, faisant du personnage du jeu la mascotte de l’éditeur. La société grandit encore et devient internationale, elle ouvre de nouveaux studios dans le monde entier : Montréal, Shangai, Singapour, en Espagne, en Ukraine et en Roumanie. Au passage elle en profite pour récupérer le catalogue de l’éditeur Square Enix en Europe. Ubisoft est connu pour sa grande capacité d’anticipation du marché du jeu vidéo, il fût par exemple très réactif quand sont apparues les consoles Next-gen en sortant Ghost Recon Advanced Warfighter au lancement de la Xbox 360, il en va de même pour la DS, avec Rayman DS, et la Wii avec Red Steel qui figurent parmi les premiers titres de ces consoles. Il demeure aussi très concentré sur les diverses évolutions technologiques et c’est ainsi que furent créés des jeux comme End War, jouable en utilisant la reconnaissance vocale, et R.U.S.E. qui utilisait les tablettes tactiles. Les HardCore Gamers (catégorie regroupant ceux qui aiment les jeux un minimum retors) regretteront toutefois que cette anticipation du marché ait créé une vague de jeux pour Casuals (catégorie regroupant ceux qui jouent occasionnellement, ou plus largement ceux qui joue à des jeux tellement faciles qu’ils en perdent de l’intérêt aux yeux des HardCore Gamers). Et la boite s’étend encore, en plus de créer ses propres licences elle en achète d’autres comme Naruto et s’implique dans des projets d’adaptation de films comme King Kong, c’est ainsi qu’elle gagne un large catalogue de gros titres et s’assure une bonne place dans le monde vidéo ludique (même si les jeux ne sont pas toujours de bonne qualité). Elle a également ouvert une maison d’édition Les Deux Royaumes et a acheté un studio d’effets spéciaux Hybride prouvant son omniprésence –ou ubiquité- d’Ubisoft. Au début des années 2000 la société s’impose en grand maître du milieu en sortant des franchises qui connaitront un gros succès, comme Splinter Cell, et c’est en particulier le studio d’Ubisoft Montréal qui montrera un grand savoir-faire. Mais ils en veulent plus… Serge Hascoët, superviseur des directeurs créatifs d’Ubisoft, remet le livre Alamut à Yannis Mallat, alors producteur d’Ubisoft Montréal. Celui-ci va le lire et le remettre à Patrice Désilets, directeur créatif de Prince of Persia. Il va être séduit et la décision est prise, le jeu fera incarner au joueur un Assassin dans la période des Croisades. Patrice Désilets et Jade Raymond sont les deux personnalités derrière le projet Assassin’s Creed. Jade est passée par Sony et Electronic Arts avant de rejoindre Ubisoft en tant que productrice, tandis que Patrice tient le rôle de directeur de création, il est le porteur du concept. Hélas, au mois d’octobre 2010 il démissionne et se tourne vers THQ Montréal, la raison officielle est qu’il souhaitait avoir plus de temps à consacrer à sa vie familiale, la raison officieuse est un désaccord entre lui et Ubisoft. Un jeu qui met en scène une guerre sanguinaire entre Sarrasins et Croisés et où l’on incarne un Assassin n’est pas très vendeur lorsque l’on cherche un titre tout public, l’éditeur tenait donc à assurer sa sécurité en évitant une prise de partie, c’est pourquoi il y a ce message dès l’introduction du jeu et qui apparait à chaque fois que l’on commence une partie : « Inspiré d’événements et de personnages historiques réels. Cette œuvre de fiction a été conçue, développée et produite par une équipe multiculturelle de confessions et croyances diverses. ». Et c’est aussi pourquoi Altaïr s’attaquera équitablement à chacun des deux groupes d’ennemis, afin de demeurer impartial. Technologiquement, le moteur du jeu devait assurer la gestion d’un ample univers détaillé, avec un minimum de temps de chargement et une fluidité optimale adaptée à une large fourchette de configurations différentes. Les premiers essais furent faits à partir du Jade Engine qui avait servi pour Beyond Good and Evil, puis le moteur fait-maison Scimitar et les outils de développement Anvil prirent rapidement le relais permettant de concrétiser le cahier des charges qui tournait autour de ce gameplay inspiré du parkour –un sport français inspiré de « la méthode naturelle d'éducation physique » de Georges Hébert qui consiste à utiliser des éléments urbains ou ruraux comme des obstacles à franchir, le but étant de traverser des distances de la manière la plus efficace- comme dans le film Yamakasi ou le jeu Mirror’s Edge. Afin d’alléger le moteur une astuce a été utilisée : représenter les éléments du décor dans trois définitions différentes, quand un de ces éléments est éloigné il apparait en basse résolution, lorsqu’il est à proximité il est dans une résolution intermédiaire et quand il est tout proche il prend sa résolution maximale. Toujours dans le domaine technique, la direction artistique a essayé plusieurs options, des rendus romantiques et classiques et d‘autres plus stylisés et effilés. Le style a évolué de Jean-Léon Gérôme, Delacroix et finalement un look plus contemporain. Après près de 4 années de développement, le projet est dévoilé au Tokyo Game Show de 2005 par le biais d’un court teaser, le jeu s’intitulait alors temporairement Project Assassins, c’est lors de l’annonce officielle en mai 2006 qu’il prendra son nom définitif. Il aurait dû être une exclusivité PS3 mais des rumeurs racontent que Sony aurait trop tardé à signer le contrat permettant à Microsoft d’entamer des négociations. Ainsi le jeu sortit le 15 novembre 2007 sur PS3 et Xbox 360. Sur PS3 il s’affichera fièrement aux côtés d’Uncharted tandis que sur Xbox 360 ce sera aux côtés de Mass Effect qu’il trouvera sa place. Il sortira en avril 2008 sur PC dans une version sous-titrée « Director’s Cut » contenant des missions supplémentaires. Il deviendra le troisième jeu le plus piraté sur PC de l’année 2008. Initialement une version Xbox et Ps2 avait été prévue, avec un scénario, des environnements et des ennemis différents mais ce projet a été abandonné avant même son officialisation. Ubisoft chiffrera ses ventes à 8 millions d’exemplaires. Le joueur y prend le contrôle d’un certain Desmond Miles qui a été enlevé par le groupe Abstergo afin d’être placé dans l’Animus pour qu’il puisse revivre virtuellement la vie de son ancêtre de la Troisième Croisade, Altaïr. Le scénario mélange donc habilement fiction et réalité et cherche à amener le joueur à des réflexions philosophiques, principalement autour du libre-arbitre mais pas uniquement. Afin de respecter un univers historiques réels tout en apportant une touche moderne, Raphaël Lacoste, directeur artistique, évoque le film Kingdom of Heaven, « un film historique mais utilisant un traitement moderne à base de filtres photo ».
Avant d’aller plus en avant dans le jeu je tiens à faire un petit détour du côté de la musique du jeu, la bande-son est signée par le sympathique Jesper Jakobson Kyd, un compositeur d'origine danoise surtout connu pour son travail sur les jeux Hitman. Il recevra pour Assassin’s Creed la récompense de la « meilleure bande originale ».

2. Personnages (Présent)

Le personnage que l’on incarne dans le jeu est Desmond Miles. Né en 1987, nous ne savons pour le moment pas grand-chose de lui, mis à part qu’il est barman. Etrangement, en septembre 2012 il sera capturé par Abstergo. A travers Desmond, Abstergo s’intéresse à un moment bien précis de la vie de son ancêtre, manque de chance pour eux l’animus a des difficultés à lancer cette séquence qu’ils convoitent, il leur faut donc revenir quelques jours en arrière dans la vie d’Altaïr, ce qui leur assurera une reconstitution plus stable. Son nom « Desmond » a une origine celtique qui signifie « l’homme du monde » alors que « Miles » est un mot latin signifiant « soldat ». Vous remarquerez qu’il a une cicatrice à la lèvre, au même endroit qu’Altaïr, à l’heure actuelle nous ne savons pas comment ils se la sont faite mais il semblerait que ce soit une cicatrice récurrente dans leur généalogie. Desmond et Altaïr ont été modélisés à partir du visage de Francisco Randez, un mannequin québécois de souche espagnole dont le visage évoque particulièrement bien l’idée que l’on peut avoir de celui d’un habitant de la Terre Sainte à cette époque. D’ailleurs, ce mannequin avait déjà servi de modèle pour la campagne promotionnelle du parfum Mâle de Jean-Paul Gaultier. Il s’avère que Francisco a travaillé en tant que barman avant de devenir mannequin, les développeurs auraient repris cet emploi pour le placer dans le CV de Desmond, en clin d’œil. Dans une interview il raconte qu’il a été découvert par Ubisoft par le biais de son agence Folio, que lors de la première rencontre il a eu droit à un shooting photo en 3D afin d’obtenir une première version en trois dimensions de son visage, puis il a eu droit à d’autres séances où ont été faits des rendus d’expressions simples comme la joie et la colère, puis d’autres, plus complexes. Il considère que ce genre d’expérience est inhabituel pour lui et unique dans une vie, c’est aussi pour ça qu’il a voulu y participer. Il est fasciné par le cinéma et Assassin’s Creed est monté comme un film, donc de voir son visage associé au personnage principal lui a procuré beaucoup de plaisir même si ça n’a pas encore influencé sa carrière cinématographique. Ce mannequin est également musicien, membre de la formation Moudjik qu’il a créée avec Jérôme Casanova et Guy Dubuisson et aussi journaliste à www.Montreal.TV. Dans la version française il est doublé par Xavier Fagnon qui est un acteur très actif dans le doublage de jeux vidéo, film et séries télévisées, il est entre autre la voix de Jack Carver dans le jeu Far Cry et plus récemment il était Isaac Clarke dans Dead Space 2.
Nous faisons ensuite la rencontre du docteur Warren Vidic, un scientifique ayant plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de la mémoire génétique. Il est le chef du projet « Animus » et est maintenu sous pression par ses supérieurs, ce qui le rend un peu irascible. « Warren » en vieil anglais signifierait « gardé » et « Vidic » en serbe signifierait « celui qui a vu ». Son visage serait inspiré de son doubleur dans la VO, Phil Proctor, dont la voix est très présente dans le cinéma dans des films dont Toy Story 1 et 2. Dans la version française il est doublé par Max André qui n’est pas très connu, il a doublé le personnage Arvin Sloane dans la série Alias.

Lucy Stillman est la jeune assistante de 24 ans de Vidic. Nous en apprendrons plus sur elle plus tard, pour le moment nous avons juste pu remarquer qu’elle était capable de tenir tête à Warren et que c’est elle qui contrôle l’Animus. Son nom vient de l’italien « luce » qui signifie « lumière ». Son visage a été modélisé à partir de celui de Kristen Bell qui s’occupe également du doublage de son personnage en VO. Une petite anecdote sur Kristen Bell raconte qu’elle avait dévoilé d’importants éléments scénaristiques d’Assassin’s Creed un an avant sa sortie ce qui aurait posé quelques problèmes pour l’officialisation de sa présence dans le jeu. En tant qu’actrice elle est surtout connue pour son rôle de Veronica Mars –une série télévisée américaine- et dernièrement elle a joué dans le quatrième épisode de la série cinématographique Scream. Dans la version française elle est doublée par Laura Blanc dont la voix se trouve sur tous les supports : films, séries, dessins animés et jeux vidéo. Elle fût, entre autre, Zoey dans le jeu Left 4 Dead et le Dr Amber dans la série Dr House.

Ils travaillent tous deux pour Abstergo, une société pharmaceutique située en Italie dont le nom signifie « j’efface/je fais disparaitre ». Nous ne connaissons d’elle que les salles dans lesquelles nous évoluons : la salle de l’Animus, la chambre et la salle de bain. On peut voir également une salle de réunion derrière la vitre. Décoration minimaliste avec une dominance blanche, toutes les pièces sont couvertes de caméras qui ne laissent aucun angle mort, même les toilettes sont espionnées ! Nous pouvons voir dans le choix des développeurs de choisir une société pharmaceutique pour incarner les tortionnaires de Desmond une critique d’un éventuel prochain conflit mondial qui ne serait pas nucléaire mais bactériologique.
L’appareil de haute technologie qu’ils utilisent est l’Animus, son nom signifie « âme » en latin. C’est une machine créée par Abstergo qui permet à l’utilisateur de revivre la vie de tous ses ancêtres en utilisant la mémoire génétique. La mémoire génétique repose sur un principe simple : l’ADN, en plus de contenir les informations qui caractérisent un être vivant, contiendrait la mémoire des générations antérieures de l’individu dont on considère l’ADN. Ainsi chacun d’entre nous aurait un accès à la mémoire de ces ancêtres et pourrait revivre leur existence. Cette machine a des limites et connaitra donc des évolutions. Actuellement ses deux limites sont qu’elle ne parvient pas à lancer la mémoire qui intéresse Vidic, elle a donc des difficultés à stabiliser efficacement des mémoires d’hôtes sans doute trop récalcitrants, l’autre limite est la durée pendant laquelle un sujet de test peut rester dans l’Animus, au bout d’un moment il surchauffe. Grâce à l’Animus, chaque élément graphique trouve une justification scénaristique : murs invisibles, HUD, bugs, tous viennent de l’Animus, c’est pourquoi ils ne sont plus visibles lorsque l’on incarne Desmond. La barre de vie n’est même pas une barre de vie mais une jauge de synchronisation, elle représente le morceau de fusion entre Desmond et Altaïr. C’est pourquoi mourir avec Altaïr nous amène juste à une déconnexion. Nous savons aussi qu’Altaïr ne peut pas réellement mourir dans la période de sa vie où nous l’incarnons, si l’on se réfère à la théorie de la mémoire génétique, même si l’on décide de se suicider pendant que nous le contrôlons.
Le dernier personnage dont il est fait référence dans cette première séquence est Leila Marino. Employée d’Abstergo, elle est morte en 2007 dans des circonstances inconnues mais prétendument suicidaires. Lucy était son amie, ce qui explique pourquoi elle tient tant à savoir ce qu’il s’est réellement passé, la thèse du suicide ne semble pas lui convenir.

3. Assassins

a. Origines

Le livre à l’origine de la saga Assassin’s Creed est Alamut, roman de l’écrivain slovène Vladimir Bartol né en 1903, mort en 1967. Il s’agit de son livre le plus célèbre, mais à l’époque de sa parution, en 1938, il était distribué discrètement. Ce n’est qu’en 1984 que l’ouvrage devient célèbre. Il raconte l’histoire d’Hassan ibn al-Sabbah, le grand maître de la secte des Assassins. Il était issu d’une famille chiite et se convertit à l’ismaélisme avant de donner naissance à un courant : le nizârisme, d’après le nom du chef de ce mouvement, Nizar, fils ainé du calife d’Egypte. Il créera la secte des Assassins en 1090 en s’emparant de la forteresse d’Alamout dans le Nord-Ouest de l’Iran actuel et s’octroiera le titre de « Vieux de la Montagne », dénomination qui sera transmise par la suite à tous les dirigeants de son ordre. Cet érudit était entouré de fidèles qu’il utilisait pour lutter contre le pouvoir turc. Selon leur niveau d’instruction, de fiabilité et de courage ils étaient classés du rang de Novice à celui de Grand Maitre. Il s’occupait de leur éducation : endoctrinement et entrainement physique. Son but était d’étendre son pouvoir tout en restant indépendant des croisés et des sarrasins. On raconte qu’Hassan était en possession des armes offensives et défensives absolues. Offensive par ses courageux adeptes, défensive par la position de sa forteresse d’Alamut. Il y avait d’autres forteresses sous le commandement des Assassins, celles-ci leur permettaient de s’infiltrer partout sans craindre le siège de leurs ennemis. Pour illustrer l’emprise totale d’Hassan sur ses disciples, une histoire raconte qu’il en fit une démonstration à Henri de Champagne, neveu de Richard Cœur de Lion. Il demanda à ses Assassins de se jeter dans le vide depuis les remparts, se livrant à une mort certaine et brutale, ce qu’ils firent les uns après les autres. Ces personnes désignées pour le suicide étaient nommées « fedayin » qui signifie en arabe « ceux qui se sacrifient ». C’est de cet acte, repris ensuite par l’auteur du livre Alamut puis les développeurs d’Assassin’s Creed, qu’est né le principe du saut de la foi. Dans « Assassin’s Creed » Altaïr est un « fedayin », ce sont eux qui s’occupent aussi d’éliminer les cibles désignées par Hassan. Le meurtre était son arme favorite, voilà comment ils procédaient : les assassins partaient souvent seuls, rarement à deux, pour éliminer la personnalité choisie. Ils se déguisaient en marchands ou en ascètes et se familiarisaient avec la ville où serait perpétré le crime et espionnaient les trajets habituels de leur victime. Une fois le plan au point, ils frappent. Toujours en public, face à un maximum de témoins, la plupart du temps dans la mosquée le vendredi midi. Ainsi Hassan accomplissait un double-objectif : la leçon rendue par le châtiment de l’exécuté et le sacrifice héroïque de l’assassin qui ne pouvait et ne devait pas survivre, il était quasiment toujours abattu sur-le-champ. Pendant plusieurs générations aucune des cibles des Assassins ne parviendra à échapper à leur sort funeste, c’est entre autre cette efficacité qui les fera détestés par les musulmans, et c’est cette haine qui les poussera à s’entendre relativement bien avec les francs, ce qui n’améliorera pas le peu d’affection portée par les musulmans. Hassan décédera dans son repaire d’Alamout en 1124, mais ça ne marquera pas la fin de son ordre, au contraire, elle connaitra une forte recrudescence. Revenons-en au livre « Alamut ». Il est écrit 14 ans après l’accès au pouvoir de Staline et 5 ans après la nomination d’Hitler, il est donc clair que les lignes de Vladimir dénoncent les méfaits de ces récentes dictatures.

Le nom « assassin » qui provient du surnom péjoratif « Hashishiyyin » a plusieurs origines envisagées :

La première démontre l’érudition d’Hassan dans le domaine des plantes. La légende dit qu’Hassan droguait ses nouvelles recrues avec du hachisch, puis les plaçait dans un jardin personnel soigné par un nombre restreint de serviteurs qui étaient tenus au silence. Dans ce jardin ces recrues goutaient pendant quelques temps aux plaisirs du vin à profusion et des femmes à volonté, magnifiques et venant des quatre coins du monde, connues sous le nom de « houris » et supposées être des anges aux grands yeux noirs. Au bout de cinq à dix jours ils étaient transportés à l’extérieur du jardin après avoir été à nouveau drogué et c’est alors qu’Hassan se présentait comme l’homme qui avait les clés du jardin d’Allah, et que si la recrue acceptait de se mettre à son service il aurait l’assurance de retourner au jardin dès sa mort venue. Ces services demandés étaient des assassinats de personnalités qu’Hassan jugeait gênantes, le meurtre devant se faire en public et l’assassin ne devant pas y survivre, il devait trouver la mort à l’issu de son acte. Et c’était alors qu’il aurait rejoint le jardin d’Allah. C’est ainsi que le secret du courage de ces assassins et de l’indifférence à leur propre mort se trouve résolus. Et ça serait de la drogue utilisée, le hachisch, que proviendrait le nom « Hashishiyyin », mais cette rumeur est connue pour avoir été répandue afin de discréditer les Assassins. Il parait qu’elle aurait été colportée par Marco Polo, le marchand vénitien, fils de Niccolo Polo que nous verrons dans un prochain opus d’Assassins Creed, et auteur du fameux « Livre des merveilles du monde » qui a influencé Christophe Colomb pour partir vers l’ouest afin d’ouvrir une nouvelle route des Indes.

La seconde théorie est basée sur le mot « Assâs » qui en perse signifie « fondement », le terme qui en descend est « assassiyouns » et signifie « fondamentalistes », il caractérise les fidèles d’Hassan comme des hommes fidèles aux fondements de la foi.
Une troisième hypothèse, plus simple, ferait remonter l’étymologie d’ « assassin » à Hassan lui-même, le terme provenant d’Hassassjins, les djinns d’Hassan. Les djinns étant des créatures surnaturelles qui auraient une capacité d'influence spirituelle et mentale sur le genre humain.
Le choix du nom et la position d’Alamut sont connus d’après une légende : un prince qui voulait bâtir une forteresse pour contrôler les montagnes aurait lâché un rapace dressé afin qu’il décide de l’emplacement du bastion. Après avoir parcouru le ciel, il se serait posé à l’endroit où fût construit le château. Hassan en prit le contrôle quelques années plus tard, pour sa position stratégique.

Après l’attaque de Robert de Sablé que nous avons pu faire échouer, nous avons dû subir les remontrances d’Al Mualim. Il nous a alors rappelé les trois règles du credo des Assassins, ces trois préceptes que nous avons bafoués en une seule mission : « Ton épée ne versera pas le sang d’un innocent », « Reste discret et ne fais qu'un avec la foule » et « Tu ne dois pas mettre la Fraternité en danger ». A cela s’ajoute le désormais célèbre « Rien n’est vrai, tout est permis » qui représente la ligne directrice de la pensée des Assassins, dans le jeu comme dans le livre « Alamut », celle-ci met en exergue l’usage du libre-arbitre en rejetant les préjugés afin de rester objectif en toute circonstance.

b. Personnages (Assassins)

Dans cette première séquence de jeu nous avons pu faire la connaissance de quelques camarades de la secte :
Tout d’abord, lorsque Desmond est dans l’Animus nous incarnons à travers lui son ancêtre, Altaïr ibn La-Ahad dont le nom de famille signifie « fils de personne », qui a alors 26 ans. Fils d’une mère chrétienne et d’un père musulman, Altaïr est le plus haut gradé de l’ordre des Assassins auquel il appartient, il en est aussi le plus efficace et le plus expérimenté. Et le plus égocentrique, il est conscient de ses capacités ce qui lui confère un certain poids lorsque son maitre –Al Mualim- lui donne une mission, mais cela induit chez lui également une certaine suffisance. Hélas, cette sur-confiance finira par provoquer sa perte lorsqu’elle fera échouer une mission d’une importance capitale : récupérer un trésor caché dans le Temple de Salomon. Il bravera ainsi, en l’espace d’une seule mission, les trois règles qui forment le credo de sa fraternité. Il sera forcé d’en porter les responsabilités auprès de son maitre. Pour mener à bien ses différentes missions, il se dote au fur et à mesure de l’aventure de nouvelles compétences et de nouvelles armes. C’est ainsi que nous découvrirons les combats aux poings, à la lame secrète, à l’épée, à la lame courte et aux couteaux de lancée. Nous en apprendrons d’avantage sur la vie d’Altaïr dans les opus suivants de la saga et surtout dans le livre « La Croisade Secrète » sur lequel je reviendrai plus tard dans une vidéo à part. Lors de sa conception, Altaïr a été pensé vêtu de blanc, toute sa personne a été conçue de sorte à ce que ses postures et son physique évoquent l’aigle dont est tiré son nom en arabe. Mohammoud Gambouz, directeur artistique, explique que le but était de créer une métaphore pureté/sang en jouant avec cette dominance de blanc accentuée de rouge. Dans la version française il est doublé par Bruno Choël, doubleur actif dans tous les domaines de l’audiovisuel. Il est notamment la voix de Nathan Drake dans le jeu vidéo Uncharted et ses suites tandis que dans le cinéma il est Obi-Wan Kenobi dans le film Star Wars, épisode I : La Menace fantôme.
Dans la peau d’Altaïr nous avons rencontrés les deux premiers protagonistes de son époque : Malik A-Sayf et son petit frère Kadar. Malik est un maitre Assassin, le commandant en second d’Altaïr une fois que celui-ci soit devenu un Grand Maitre Assassin. Il sait très bien manier l’épée, c’est ce qui le sauvera, et est extrêmement jaloux de la notoriété d’Altaïr qu’il ne cessera de sermonner. C’est lui qui rapportera le trésor du Temple de Salomon à Al-Mualim au prix de son bras gauche. En Arabe, « Malik » signifie « roi » alors que « Al-sayf » signifie « l’épée ». Son nom complet peut alors souligner sa dextérité à manier l’épée. Détail étrange, vous remarquerez qu’au début du jeu, bien qu’il soit vêtu de la même tenue qu’Altaïr et qu’il soit muni de la lame secrète, il a tout ses doigts. Dans la version française il est doublé par Stéphane Ronchewski qui est la voix du sublime Heath Ledger dans l’excellent « Batman The Dark Knight ». Ce personnage n’est pas si secondaire qu’il peut paraitre.

Nous avons aussi pu faire la connaissance de son défunt frère, Kadar A-sayf, un novice de l’Ordre que Malik protégeait en l’écartant des missions périlleuses. Contrairement à son grand frère il admire Altaïr. Son nom pourrait être traduit en « Destin », son nom complet serait donc « Destin de l’épée », une bien funeste prédiction.

A notre retour à Masyaf nous avons été accueilli par Rauf, son rôle dans la Fraternité est d’enseigner l’art du combat aux novices, il nous demandera à plusieurs reprises si nous pouvons faire une démonstration de nos capacités –au fur et à mesure que nous les acquerrons– ce qui lancera une séquence didacticiel pendant laquelle nous apprendrons nous-mêmes à utiliser ces nouvelles compétences. Après l’attaque de Masyaf par Robert de Sablé il nous arrêtera aux portes de la forteresse lorsque nous allions sortir pour nous demander de distraire l’ennemi pour assurer la mise en sécurité des villageois. Nous le retrouverons plus tard lors du saut de la foi prouvant à Robert que les Assassins n’ont pas peur de la mort. Alors qu’il restera en bas pour soigner celui qui se sera brisé la jambe, il laissera Altaïr activer le piège. Il restera un ami fidèle pour Altaïr durant toute sa vie. Son nom signifie « sympathique », il possède une lame secrète mais a gardé ses dix doigts –ce qui est anormal–.

Arrivé à la forteresse nous avons été sèchement salués par Abbas Sofian, un ancien ami d’enfance d’Altaïr. Ils avaient été élevés ensemble afin de devenir des Assassins, mais les événements qui ont conduit à la mort du père d’Abbas sépareront les deux amis, nous en apprendrons d’avantage plus tard. En tout cas, ce personnage qui pour le moment est encore moins que secondaire tient un rôle extrêmement important dans la vie d’Altaïr.
Je finirai la présentation des Assassins avec Al-Mualim, le chef de la fraternité des Assassins. Son nom signifie « Le professeur » et ce personnage est visiblement inspiré d’Hassan mais pourrait être également inspiré par Rachid ad-Din Sinan qui fût également un « vieux de la montagne », après la mort d’Hassan. Il est donc tout aussi instruit et cultivé et gère son clan depuis sa forteresse de Masyaf où il passe le plus clair de son temps dans ses bibliothèques. Il ne croit plus en aucun dieu, ni à celui de Saladin ni à celui de Richard Cœur de Lion, et cette rationalisation lui permet d’utiliser une arme redoutable : la foi. Il incarne l’un des paradoxes de sa secte dans le sens où il demande à ses fidèles une confiance aveugle en lui et ses ordres mais il leur enseigne également à être lucides et à porter un regard critique sur tout ce qui les entoure. Et son but initial est d’utiliser ces enseignements et de les offrir à l’humanité afin de les amener vers la paix. Physiquement il a la cinquantaine, la barbe grisée, un œil en moins, contrairement à ses hommes il a ses dix doigts et il porte une tenue noire ce qui permet de le différencier rapidement des ses hommes.

4. Templiers

a. Origines

Dans l’autre camp nous avons les Templiers. Historiquement, en 1118 et 1120, Hugues de Payns fonde l’ordre des pauvres Chevaliers du Christ avec neuf autres chevaliers. Leur mission était de protéger la venue des occidentaux à Jerusalem, lieu de pèlerinage privilégié parce qu’ayant une place importante dans la vie terrestre du Christ. En échange, Baudouin II, roi de Jerusalem, leur fait bénéficier d’une salle dans son palais, situé à l’emplacement du temple de Salomon. C’est pourquoi à partir de cet acte ils devinrent les Templiers, les chevaliers de l’ordre du Temple. Moins de 10 ans après leur fondation ils sont officiellement reconnus par le pape qui leur confère une autonomie totale, ils n’ont plus à répondre qu’à lui seul. Le paradoxe créé par des moines armés posa problème pendant un certain temps, mais à force d’interprétations l’idée fût acceptée, j’approfondirai ce point dans quelques instants. Hugues de Payns devint le premier Maître de l’Ordre. Celui-ci se développa à mesure que leur efficacité au combat et leur assiduité aux croisades leur fit gagner notoriété, argent et privilèges. Envahissant l’Occident les templiers gagnent le statut de banquiers, cependant tous ces pouvoirs commencent à créer jalousie et craintes. Nous n’y sommes pas encore mais un sort terrible les attendra le vendredi 13 octobre 1307. C’est suite aux évènements de ce jour que la culture judéo-chrétienne a eu cette superstition du vendredi 13 porte-malheur. Ce jour là seront arrêtés tous les Templiers, à la même heure et dans toute la France, suivant l’ordre du roi Philippe IV Le Bel. Avant il se sera assuré le soutient de l’opinion publique et du pape Clément V qui finira par abolir l’Ordre en 1312 lors du concile de Vienne. Cette sordide histoire peut être incarnée par un seul homme, Jacques de Molay, né vers 1245. En 1265 il sera admis dans l’ordre des Templiers malgré sa jeunesse. Arrivé en Palestine il se fit remarquer pour sa bravoure contre les infidèles. A la mort de Guillaume de Beaujeu, une élection sera organisée par les Templiers et Jacques sera unanimement nommé Grand Maitre. Il sera le dernier. En 1299 il participera à la reprise de Jerusalem par les Chrétiens puis retournera en France en 1305 avec 60 chevaliers et un trésor considérable. Philippe Le Bel l’accueillera chaleureusement mais c’était un subterfuge, le projet était de réunir en France l’ordre du Temple et celui de l’Hôpital afin de le détruire plus efficacement. L’opération d’arrestation fût dirigée par Guillaume de Nogaret qui s’occupa lui-même des 140 Templiers de Paris. A l’instant où la France fût nettoyée, le roi se précipita sur les richesses tandis que les Templiers étaient soumis à des interrogatoires musclés. Par la torture ils en firent avouer à certains les crimes dont ils étaient accusés, des crimes contre-nature qui insultaient la religion et les mœurs de l’époque. Au début, trente-six chevaliers périrent à Paris par ces tortures. Le pape voyant son autorité dévalorisée face à celle du roi voulu se porter au secours de ses chevaliers, mais Philippe sut apaiser ses craintes. Le peuple français, par le biais d’une assemblée, demanda la mise à mort des accusés et assura au roi qu’il n’avait pas besoin que le pape approuve la punition d’hérétiques. Jacques et quelques autres chefs de l’ordre avaient été envoyés devant le pape pour s’expliquer mais ils furent arrêtés avant de l’atteindre. Jacques subira lui aussi les tourments de l’interrogatoire, certaines versions racontent qu’il y céda et signa ses aveux soit pour éviter la mort, soit dans l’espoir que cet acte permettra à son ordre de subsister. Une chose est certaine, lorsque Jacques est passé devant la cours pour son procès il a nié ses aveux et manifesta son indignation. Les chevaliers qui suivirent firent de même, devant les commissaires du pape ils révoquèrent les aveux faits devant les inquisiteurs et les accablèrent d’actes cruels utilisés pour soutirer de faux témoignages sous la douleur et finirent en jurant qu’ils resteraient fidèles à leur Ordre et respecteraient le pape et le roi. Ils parvinrent à justifier leur Ordre avec tellement de force que leur succès commença à leur assurer une certaine sécurité, à Paris en 1310 l’ordre avait une légion de défenseurs. Mais ce ne sera pas suffisant, n’ayant pas de soutient de l’Eglise, la justice s’arrangera pour se débarrasser des gêneurs. Condamnés par l’archevêque de Sens, 54 chevaliers périrent à Paris dans la nuit du 11 mai. Ils furent empilés dans des charrettes puis brûlés publiquement. Tous les historiens qui ont rapporté cet acte disent avec quelle noblesse ces honorables chevaliers subirent leur sort. Alors qu’ils brûlaient ils se mirent à chanter de saints cantiques en bravant courageusement la douleur. A partir de ce moment, aucune illusion n’était plus possible, il n’y avait aucune défense assez forte pour les sauver. Deux des procureurs élus sur les quatre de départ avaient été éliminés, n’empêchant pas la commission de reprendre son cours normal. Une déclaration marqua cependant les esprits ce jour là où le destin était scellé. Le chevalier Aimery de Villiers-le-Duc, la cinquantaine et templier depuis 28 ans, fit son apparition en tant que témoin. Alors qu’on lui lisait les actes d’accusation qu’il avait signée, il interrompit la lecture, pâle et terrifié. Se frappant la poitrine et levant un bras vers l’autel, les genoux à terre, il protesta que s’il mentait il voulait aller droit en enfer par mort subite. Il déclara : « J’ai avoué quelques articles à cause des tortures que m’ont infligées Guillaume de Marcilly et Hugues de La Celle, chevaliers du roi, mais tout est faux. Hier, j'ai vu cinquante-quatre de mes frères, dans les fourgons, en route pour le bûcher, parce qu'ils n'ont pas voulu avouer nos prétendues erreurs ; j'ai pensé que je ne pourrais jamais résister à la terreur du feu. J'avouerais tout, je le sens ; j'avouerais que j'ai tué Dieu, si on voulait.". Ensuite il demande aux commissaires de ne pas rapporter à ses gardiens ce qu’il venait de dire par crainte qu’ils s’occupent de lui. Cette déclaration les choqua profondément à tel point qu’ils reportèrent la commission qu’ils ne reprirent pour la forme que six mois après. Le 13 octobre 1311, quatre ans après l’arrestation des Templiers, Clément V avait terminé de rassembler des preuves d’accusation. Il ne faut pas croire non plus qu’il étaient tous corrompus, Guillaume Le Maire, évêque d’Angers convoqué au concile œcuménique de Vienne, rédigea son avis : « Il y a deux opinions au sujet des Templiers ; les uns veulent détruire l'ordre sans tarder, à cause du scandale qu'il a suscité dans la Chrétienté et à cause des deux mille témoins qui ont attesté ses erreurs ; les autres disent qu'il faut permettre à l'ordre de présenter sa défense, parce qu'il est mauvais de couper un membre si noble de l'Église sans discussion préalable. Eh bien, je crois, pour ma part, que notre seigneur le pape, usant de sa pleine puissance, doit supprimer ex officio un ordre qui, autant qu'il a pu, a mis le nom chrétien en mauvaise odeur auprès des incrédules et qui a fait chanceler des fidèles dans la stabilité de leur foi. » L'ordre du Temple était accusé d'être tout entier corrompu. D'après les formulaires d'enquête pontificaux, qui contiennent jusqu'à 127 rubriques, il était notamment inculpé d'imposer à ses néophytes des insultes variées au crucifix, des baisers obscènes, et d'autoriser la sodomie. Ils auraient également adorés une idole impie, mais Philippe Le Bel ne trouva aucune idole ni livres hérétiques après avoir fouillé les temples de France. Ainsi à l’issu de l’enquête il n’y avait aucune preuve matérielle, seulement des témoignages oraux et des aveux de templiers suppliciés qui en plus ne coïncidaient pas. Lors de la sentence du concile de Vienne, alors que les évêques d´Allemagne, d´Aragon, de Castille et d´Italie avaient acquitté les templiers, Clément V n´imaginait que des issues fatales pour l´Ordre. Cependant, le 3 avril 1312 il avoue qu´il n´existe rien qui justifie une condamnation canonique, mais ça n´empêche pas qu´il est déshonoré et qu´il a porté atteinte au roi de France. Il vote une solution provisoire : la suppression de l´Ordre. Voilà, c´est enfin fait, l´aboutissement du procès à grande échelle le plus ridicule de l´Histoire, supprimer une communauté pour la mauvaise réputation qu´avaient créée leurs accusateurs. Il paraitrait qu´après l´abolition, les chevaliers ne furent persécutés. Ceux qui firent des aveux auraient été relâchés : ils choisirent alors de vagabonder, de trouver un emploi manuel, d´entrer dans des voire même de se marier. Les autres eurent la vie raccourcie, parmi eux une célébrité que le pape se gardait comme quatre heure : Jacques de Molay, le dernier Grand Maitre de l´Ordre, celui qui ne cessait de réclamer une audience auprès du pape. Craintif, il préféra envoyer trois cardinaux à sa place pour entendre Jacques. Ils s´attendaient à ce que Jacques, vaincu, finissent par déclarer les accusations comme véridiques devant la cour. Jacques était en prison depuis 7 ans et on lui avait fait la promesse d´être enfin libéré. Voilà les propos qu´il aurait tenu face aux juges et devant tout le peuple de Paris. Calme et résigné, il se serait avancé jusqu´au bord de l´échafaud dans le cliquetis de ses chaines. D´une voix forte et assurée il déclara : "Il est bien juste que dans un si terrible jour, et dans les derniers moments de ma vie, je découvre toute l´iniquité du mensonge et que je fasse triompher la vérité. Je déclare donc, à la face du ciel et de la terre, et j´avoue quoiqu´à ma honte éternelle, que j´ai commis le plus grand de tous les crimes ; mais ce n´a été qu´en convenant de ceux que l´on impute avec tant de noirceur, à un ordre que la vérité m´oblige aujourd´hui de reconnaitre pour innocent. Je n´ai même pas passé la déclaration qu´on exigeait de moi que pour suspendre les douleurs excessives de la torture, et pour fléchir ceux qui me les faisaient souffrir. Je sais les supplices que l´on a fait subir à tous ceux qui ont eu le courage de révoquer une pareille confession. Mais l´affreux spectacle qu´on me présente n´est pas capable de me faire confirmer un premier mensonge par un second, à une condition si infâme : je renonce de bon cœur à la vie qui ne m´est déjà que trop odieuse. Et que me servirait de prolonger de tristes jours que je ne devrais qu´à la calomnie ?… Emus, le peuple commença à remuer. Aux cotés d´un Jacques superbe dans sa résignation se trouvait Geoffrey de Charnay, un chef des templiers qui par sa naissance était parent du roi, il approuvait la déclaration de Jacques. Deux autres chefs également présents préférèrent se retirer et signèrent leurs aveux, ils auront la vie sauve. Pour Jacques et Geoffrey le conseil vota la mise à mort. Le soir même les deux chevaliers montèrent sur le bucher. On l´alluma lentement afin qu´ils soient brulés à petit feu. A l´instar des 54 derniers chevaliers, Jacques de Moley, alors que les flammes grimpaient sur lui, se mit à chanter son amour pour Dieu. On rapporte qu´il déclara : "Clément ! Juge inique et cruel bourreau ! Je t´ajourne à comparaitre, dans quarante jours, devant le tribunal du souverain juge !", d´autres versions ajoutent le roi à cette sentence. Une dernière version donne : "Maudits ! Maudits ! Vous serez tous maudits jusqu´à la treizième génération de vos races !". Le public aurait une nouvelle fois été ému, prouvant qu´il jugeait les suppliciés innocents. Bossuet écrivit : "Ils avouèrent dans les tortures, mais ils nièrent dans les supplices.". Clément V mourut un mois après, rongé par une terrible maladie, Philippe Le Bel mourut quelques mois après en chutant de son cheval. Guillaume de Nogaret, superviseur de l´arrestation de Templiers, Louis X le Hutin, fils de Philippe Le Bel et héritier du trône, Jean Ier le Posthume, petit-fils de Philippe Le Bel, tous moururent prématurément. En 14 ans les trois fils de Philippe montèrent sur le trône et moururent sans héritiers. Ainsi fut créée la légende de la vengeance post-mortem des Templiers. C´est ainsi que les plus fidèles serviteurs de Dieu périrent comme des hérétiques.

b. Personnage (Templiers)

Après la mort de Gérard de Ridefort, l’ordre des templiers va rester sans Grand Maitre pendant plus d’une année. En 1191, Robert, seigneur de Sablé, IVe de son nom, fils de Robert III de Sablé et de Dame Hersende d'Anthenaise de Chaource et de Malicorne, premier vassal de Richard Cœur de Lion le roi d’Angleterre, est élu Maître des Templiers après avoir passé moins d'une année dans l'Ordre. Il le restera jusqu’à sa mort. Marié à Clémence de Mayenne, fille de Geoffroy II de Mayenne, il aura d’elle deux fils et une fille. D’origine française, il avait passé une vingtaine d’année à la cour d'Henri II d'Angleterre, c’est ainsi qu’il avait fait la connaissance de Richard Cœur-de-Lion avec qui il a ensuite entretenu de bonnes relations amicales. Robert de Sablé participera aux côtés de Richard et de Philippe II Auguste, au débarquement de la troisième croisade, au siège et à la prise d'Acre en juillet 1191. A partir du mois d'Août, Robert de Sablé accompagnera Richard dans la reconquête des forteresses du littoral palestinien. Dans le jeu « Assassin’s Creed », il incarne l’ennemi juré d’Altaïr, plus grand, plus fort, il le mettra en déroute dès le premier niveau.

5. Temple de Salomon

a. Salomon

Dans Assassin’s Creed, l’on rencontre Robert dans les ruines du Temple de Salomon. Ce temple mérite que l’on s’y attarde plus que les quelques instants que l’on y passe dans le jeu. Salomon est le deuxième fils que le roi David eut de sa femme, Bethsabée. Il fut roi d’Israël de 970 à 931 avant Jésus-Christ. Ce prénom vient de l’hébreu «Shalom» qui signifie «la Paix» et il portera bien son nom parce que c’est ce qu’apportera son règne : paix, prospérité, abondance. Il était connu pour sa sagesse et sa justice. La culture populaire retiendra son célèbre jugement, le « jugement de Salomon », où deux femmes se disputaient un enfant suite à la mort d’un premier. Mais impossible de savoir quelle mère avait perdu son enfant, les deux clamant que le vivant était le sien. L’une des deux mentait, et Salomon était face à un cas délicat, il risquait de priver l’un des mères de son enfant. Alors il demanda à ce qu’on lui amène une épée. Devant l’incompréhension générale, il demanda à ce que l’enfant désiré soit coupé en deux et que chaque moitié soit donnée à chacune des deux mères. Tandis que l’autre accepta, l’autre, effrayée, préféra abandonner l’enfant à la première. Il n’en fallut pas plus au roi Salomon pour repérer en la seconde la véritable mère guidée par l’instinct maternelle.

b. Le Temple de Salomon

C’est dans la quatrième année de son règne que Salomon fit construire son temple, de sorte à accomplir la promesse que son père David avait fait à Dieu. En échange de cette construction, Dieu habiterait au milieu des israélites et ne quitterait jamais son peuple. Dans la Bible, le livre des Rois, au chapitre 6, il y est décrit ainsi : « la maison que le roi Salomon construisit en l’honneur de l’Eternel avait 30 mètres de long, 10 de large et 15 de haut (…) le roi construisit contre le mur du temple des étages circulaires, qui faisaient le tour des murs du temple, du lieu du saint et du sanctuaire (…) lorsque l’on construisit le temple, on se servit de pierres toutes taillées. On n’entendit ni marteau, ni hache, ni aucun instrument en fer dans le temple pendant qu’on le construisait (…) Salomon revêtit ses murs intérieurs de planches de cèdre, depuis le sol jusqu’au plafond (…) Le cèdre à l’intérieur de la maison présentait des sculptures de coloquintes et de fleurs entrouvertes. Tout était en cèdre, on ne voyait aucune pierre. Salomon établit le sanctuaire à l’intérieur, au milieu du temple, pour y placer l’arche d’alliance de l’Eternel. Il avait 10 mètres de long, 10 mètres de large et 10 mètres de haut, et Salomon le couvrit d’or pur. Il fit devant le sanctuaire un autel en cèdre et le couvrit d’or. Il couvrit d’or pur l’intérieur du temple et il fit passer le voile dans des chainettes d’or devant le sanctuaire, qu’il couvrit d’or. Il couvrit d’or tout le temple, le temple tout entier, et il couvrit d’or tout l’autel qui se trouvait devant le sanctuaire (…) il couvrit d’or le sol de la maison, à l’intérieur et à l’extérieur. Il fit à l’entrée du sanctuaire une porte à deux battants, en olivier sauvage. Il y fit sculpter des chérubins, des palmes et des fleurs entrouvertes, et il les couvrit d’or. » Finalement, il le construisit en sept ans. Selon la Bible, il fut construit il y a environ trois mille ans dans la partie Est de l'actuelle Vieille ville de Jérusalem, dans le secteur de l'Haram-el-Charif. La partie la plus haute de l'édifice, aujourd'hui couverte par « le Dôme du Rocher » peut avoir été le sanctuaire intérieur. Il fut le premier temple de pierre construit en l’honneur de Yahvé, le premier temple Juif de Jerusalem. Il agissait alors comme un foyer de la vie religieuse et culturelle. Aussi connu sous le nom de « Premier Temple » il a été entièrement détruit en -607. Le Second Temple fut construit sur les ruines du temple de Salomon vers -536 et fût terminé en -515. Le Temple d’Hérode fut une extension massive du Second Temple et fut lui-même détruit en 70, il n’en reste aujourd'hui comme vestige que le Mur Occidental dit « Mur des lamentations ». Toutefois, ce terme de « Mur des lamentations » n’est pas correct. Il est introduit par les britanniques qui le traduisent de l'arabe il-Mabka. Ce terme est tombé en disgrâce dans les milieux juifs ainsi que dans les milieux arabes, qui le nomment depuis les années 1920 El-Bourak, du nom de l'un des chevaux de Mahomet lorsqu'il fit son voyage nocturne. Quand Hugues de Payns et les huit Chevaliers qui l’accompagnaient se rendirent devant Baudoin II pour créer l’Ordre encore non-officiel des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, leur titre étant composé de ces deux noms, c’est dans la partie orientale de son palais qui jouxtait l’ancienne mosquée Al-Aqsa que Baudoin les hébergea. Sur le site de l’ancien Temple d’Hérode donc, lui-même bâtit sur les ruines du Temple de Salomon. Si donc ces 9 Chevaliers devinrent par la suite les premiers Templiers, ce ne fut pas parce qu’ils furent logés dans les écuries du Temple de Salomon, comme on le lit un peu partout mais bel et bien car il s’agissait du nom qu’ils avaient choisis eux-mêmes pour fonder leur Ordre ! Ils avaient choisi ce nom parce qu’il représentait leur première mission. Si leur but premier avait été de défendre les pèlerins, ils ne seraient pas restés 9, durant 9 ans, sans recruter d’autres Chevaliers !

c. L’Arche d’Alliance

Le temple de Salomon abritait l’Arche d’Alliance. La description de l’Arche se trouve dans la bible : le récit de l’Exode, au chapitre 25 « Ils feront un coffre en bois d'acacia. Sa longueur sera de 125 centimètres, sa largeur et sa hauteur de 75 centimètres. Tu le couvriras d'or pur, à l’intérieur et à l’extérieur, et tu lui feras une bordure d'or tout autour. Tu fondras pour lui 4 anneaux en or et tu les mettras à ses 4 coins, 2 d'un côté et 2 de l'autre. Tu feras des barres en bois d'acacia, que tu couvriras d'or. Tu passeras les barres dans les anneaux sur les côtés du coffre, pour qu'elles servent à son transport. Les barres resteront dans les anneaux du coffre et n'en seront pas retirées. Tu mettras dans cette arche le témoignage que je te donnerai. Tu feras un couvercle en or pur. Sa longueur sera de 125 centimètres, et sa largeur de 75 centimètres. Tu feras 2 chérubins en or, en or battu, aux 2 extrémités de ce propitiatoire. Fais un chérubin à l'une des extrémités et un chérubin à l'autre extrémité. Vous les ferez sortir du propitiatoire à ses deux extrémités. Les chérubins étendront les ailes par-dessus le propitiatoire, ils le couvriront de leurs ailes et se feront face l'un à l'autre; ils auront le visage tourné vers ce couvercle. Tu mettras le propitiatoire sur le coffre et tu mettras dans cette arche le témoignage que je te donnerai. C'est là que je te rencontrerai; du haut du propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l'arche du témoignage, je te donnerai tous mes ordres pour les Israélites. » L’Arche d’Alliance "Aron" en hébreu, également appelée l’Arche de YHWH ou encore l’Arche du témoignage, était donc un coffre de bois recouvert d’or. Le mot ARON (Arche), provient de la racine "AR" signifiant Lumière et du suffixe "ON" signifiant la force; Soit ARON "La Force Lumière", ou "La Lumière qui est Force" ! D’où son caractère sacré, car elle représentait la présence Divine. L’Arche, était le plus ancien et le plus sacré des symboles religieux des Israélites. Le propitiatoire surmonté de deux chérubins, qui en formait le couvercle, était considéré comme le trône, la résidence terrestre de Jéhovah. Lorsque le tabernacle fut terminé, l’arche fut mise dans le Saint des Saints, le lieu le plus saint de l’édifice. Selon les écrits bibliques, l’Arche d’Alliance, également connue sous le nom d’Arche perdue, aurait contenu les tables de la Loi, les Dix Commandements, données à Moïse sur le mont Sinaï.

6. Les Croisades

a. Préambule

Nous abordons finalement le thème des croisades, le contexte du jeu. "Guerre Sainte" et "Jihad" sont des termes qui de nos jours peuvent paraitre obsolète, mais il n´en est rien. Suite aux attentats du 11 septembre, le président américain, George Bush, parlait de croisade contre le terrorisme tandis que le chef d´Al-Quaida, Oussama Ben Laden, ne cessait d´appeler son peuple au Jihad.

Commençons par la religion de Jésus. Le christianisme est une religion non-violente basée sur l´amour de son prochain dont l´un des préceptes les plus connus est : "Si quelqu´un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l´autre" (Matthieu 5,39). Dans le contexte de la Guerre Sainte je me dois de citer également Matthieu 26, 53 : "Tous ceux qui prendront l´épée périront par l´épée". Le paradoxe est visible, comment a-t-il été possible de transformer des religieux ascètes vivant paisiblement leur foi en des moines guerriers exterminant les hérétiques ? Les chevaliers de l´ordre du Temple sont l´incarnation même de ce paradoxe. Il y a bien L´Apocalypse qui promet des souffrances éternelles aux ennemis de Dieu, mais il s´agit d´un acte divin, les Hommes à coté se doivent de vivre en paix, quitte à mourir en martyr. Jésus interdit donc l´existence même des croisades par ce simple précepte : "Tu ne tueras point", mais une lente évolution du christianisme changera la donne. En 1095 à Clermont, le pape Urbain II lance un appel aux chevaliers afin de libérer Jerusalem dont se sont emparés les guerriers musulmans en 638. Il précise que tous ceux qui partiront au nom de l´Eglise obtiendront le pardon pour leurs crimes à venir. C´est par l´abbé Bernard de Clervaux que le concile accepte l´idée de moines armés : "les chevaliers du Christ livrent avec sureté les batailles du Seigneur, sans crainte et sans péché quand ils tuent l´ennemi". Tuer l´hérétique devient un acte béni, l´Eglise reconnait la Guerre Sainte. Un millénaire aura été nécessaire pour transformer une religion pacifiste en une religion belliqueuse aux partisans affublés d´une croix latine cousue sur leurs vêtements (d´ou le terme de "croisés" et "croisades").

A présent qu´en est-il de la religion de Mahomet. L´islam n´a pas eu besoin de réinterprétations parce que, contrairement à Jésus, Mahomet va jusqu´à encourager les actes de guerre. Il a lui-même été chef de troupe et est allé jusqu´à faire assassiner quelques poètes qui colportaient des chansons qui le ridiculisaient. Le Jihad signifie "effort tendu vers un but déterminé", il n´est donc pas nécessairement question de guerre, étymologiquement parlant, mais d´effort que l´on exerce sur soi-même. Cependant il peut prendre la forme de guerre contre l´ennemi parce que par extension cet effort vise à la propagation de l´islam à travers le monde. Au début de l´ère musulmane on appelait au Jihad pour soumettre des territoires non-musulmans mais aussi pour combattre d´autres musulmans. A ce propos le Coran est ambigüe, des fois il préconise de répandre la foi de manière pacifique, d´autres fois il autorise la guerre défensive alors que certains passages encouragent la guerre offensive pour soumettre les infidèles, promettant des récompenses célestes à ceux qui meurent au combat au nom de l´islam (amusant de constater que les récompenses sont toujours post-mortem si la mort survient au service d´une cause bien précise, ça arrange bien). Finalement, le Jihad a plusieurs significations au sein du Coran, les différents défenseurs des différentes versions peuvent donc allégrement citer tel ou tel passage du livre fondateur de l´islam. C´est lors de la grande expansion musulmane que le terme trouve une définition définitivement offensive. Le jihad ne peut être proclamé qu´à l´encontre de non-musulmans résidant à l´extérieur du territoire de l´Islam. Les juifs et chrétiens qui acceptent de se soumettre peuvent devenir des "dhimmi", en échange d´un impôt ils deviennent des sujets protégés non-égaux qui pourront vivre en paix. Il est important de noter que ce traitement tolérant n´était pas accordé aux musulmans et juifs en pays chrétiens (ce point renforce l´image des occidentaux dénués d´éducation qui se confrontent aux orientaux adeptes et fondateurs de la majorité des sciences, Amin Maalouf insiste bien là-dessus, les chrétiens n´étaient supérieurs aux musulmans que dans le courage et la violence qu´ils puisaient dans leur foi, dit-il dans son excellent roman historique "Les croisades vues par les arabes").
Du coté Occidental : "A quiconque aura pris le chemin de Jerusalem en vue de libérer l´Eglise de Dieu, pourvu que ce soit par piété et non pour gagner honneur ou argent, ce voyage lui sera compté pour toute pénitence" C´est ainsi que lors du concile de Clermont en novembre 1095, le pape Urbain II lance l´appel qui va conduire 100 000 croisés à la première croisade. Il y évoque les malheurs qui frappent les chrétiens d´Orient afin de motiver ses fidèles à partir délivrer Jerusalem qu´il considère comme appartenant à la chrétienté étant donné que c´est un lieu ou se sont déroulés des moments très importants de la vie du Christ. Donc Urbain II ne demande pas d´aller exterminer des hérétiques, l´objectif est de reconquérir les Lieux Saints. Mais ce n´est pas sa seule motivation : quelques mois avant le concile, en mars 1095, des ambassadeurs du basileus Alexis Ier Comnène étaient venus à la rencontre d´Urbain II pour lui demander des renforts pour son combat contre les Turcs seldjoukides, dans l´Empire byzantin. Je rappelle qu´à l´époque, suite au partage de l´empire carolingien entre les petits-fils de Charlemagne qui a divisé le pouvoir politique, l´autorité de l´Eglise surpasse le pouvoir royal. Sans doute Urbain II a-t-il vu en la requête de ces ambassadeurs une occasion de restaurer l´unité chrétienne en Orient. Finalement les intentions d´Urbain II demeurent troubles. Avant que le terme de "croisade" soit utilisé en 1250, il était question de "voyage de Jerusalem", de "voyage vers la Terre Sainte", d´"expédition" voire simplement de "pèlerinage". Il existe une interprétation de cet appel qui prétend qu´il s´agissait d´un éventuel intérêt commercial des républiques maritimes italiennes, mais c´est peu probant puisque ce pèlerinage risquait de désorganiser les marchés existants. A l´époque l´idée que la fin du monde est proche et l´assurance de trouver un abri dans Jerusalem -la ville du Christ tout de même- motive ces chrétiens à partir en se considérant non pas comme des soldats mais comme des moines armés, c´est donc la foi qui est le moteur de cette croisade. Cependant partir en croisade était considéré comme un honneur et une obligation, contrairement à l´idée reçue c´était les chefs de famille et non les cadets qui partaient, c´était l´occasion d´accroitre le prestige de sa lignée dans une période ou les seigneurs allaient jusqu´à ajouter le nom de leur domaine à leur propre nom. L´autorité publique est militaire détenue initialement par le roi, le duc ou le prince se voit enviée par les seigneurs qui se créent des petits empires personnels sur leurs terres, avec des impôts sur leurs paysans, des vassaux, des chevaliers... partir en croisade est l´occasion pour eux de légitimer ce nouveau pouvoir. Il n´empêche que la majorité d´entre eux sont partis motivés par leur foi, ils partaient délivrer les terres du Christ, prier au Saint-Sépulcre avant de rentrer chez eux, souvent plus pauvre qu´avant.

Du coté oriental : à la veille des croisades l´Empire abbasside connait un fléchissement politique après son apogée du IXème siècle. Le territoire du calife se retrouve également morcelé, le monde politique de ce grand empire est divisé et va peu à peu se détériorer. Les désaccords religieux qui font suite à la mort de Mahomet en 632 sont la force principale qui détruit le califat. Un petit groupe de musulmans, les chiites, s´oppose à la majorité des fidèles, les sunnites, à propos de la légitimité de la dignité d´imam pour un descendant de la famille du Prophète. Le groupe connaitra une scission définitive lors de la bataille de Kerbala, où le petit-fils du Prophète, Hussein, est assassiné avec toute sa famille par les omeyyades. Les chiites se diviseront en courants parallèles : les duodécimains et les ismaéliens. Des ismaéliens seront créés entre autre les Fatimides, les druzes et nos fameux haschischins qui ne cesseront de s´opposer aux seldjoukides (des sunnites) durant les Croisades. Les sunnites se divisent également en quatre courants : malikisme, hanafisme, shafi´isme et hanbalisme. En ce milieu du XIème siècle le pouvoir califal n´est plus qu´une coquille vide tandis que de nombreux villages sont exploités et de nombreux domaines sont ruinés, asphyxiés par les abus des militaires. Mais en 1055 le calife al-Qa´im commence à en avoir assez des chiites et leur envoie les Turcs seldjoukides, une nouvelle force montante de l´Orient formée de cavaliers nomades menés par Toghrul, un sunnite orthodoxe entièrement à la cause du calife abbasside. Ils vont réussir à rétablir une unité politique et religieuse au Proche-Orient, le calife règne enfin sur un territoire sunnite unifié bien qu´il demeure toujours aussi impuissant. Depuis l´avènement des abbassides en 750, la langue arabe et la religion sont encore les deux principaux ciments du monde islamique, cependant la prédominance arabe a disparu. Les turcs ont quitté leurs rôles de mercenaires ou d´esclaves pour devenir des conquérants, des protecteurs du califat et du sunnisme. Cette apparente unité va tomber en poussière après la mort de Malik Chah en 1092, un successeur de Toghrul. Ses descendants vont se quereller pour s´octroyer des parts de cet Etat déjà instable alors que certains généraux vont créer leurs principautés personnelles. Chaque ville et chaque région semble répondre à un maitre différent et c´est un vrai problème pour les pèlerins : s´ils souhaitent atteindre Jerusalem ils doivent traverser toute l´Anatolie sous escorte pour se protéger des brigands et des autorités avides de droits de passage, sans compter les turcs qui souffrent de légendes peu glorifiantes (vierges violées, enfants circoncis de force). Cette situation est sans doute un déclencheur des croisades, cette insécurité et ces histoires vont arriver déformées aux oreilles occidentales ce qui aura comme effet de les chauffer un peu.

Nous constaterons des évènements similaires en Orient et en Occident.

b. Première Croisade

L´appel à la croisade connait un grand succès et de nombreux "crucesignati" (ceux marqués d´une croix) se lancent sur les routes au nom de Dieu afin de reconquérir les Lieux Saints d´Orient. Ce voyage conçu comme un pèlerinage et une Guerre sainte créera une foule hétéroclite où se côtoient autant les chevaliers en armure que les paysans en guenilles. Le 15 aout 1096, Godefroi de Bouillon, duc de Bassse-Lorraine, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et Bohémond de Tarente, un seigneur Normand, guident les premiers croisés vers Jerusalem. Godefroi était une force de la nature, un homme vaillant au combat et à la piété exemplaire. Se sont sans doute ses qualités morales qui lui ont permis d´être choisi comme guide pour Jerusalem parmi tous les autres prétendants. Ils sont 15 000 à arriver à Constantinople, dans le plus grand désordre, afin de se ravitailler. Ils se dirigent vers Nicée, sur le chemin ils pillent et incendient des fermes, même les chrétiennes, si les paysans résistent ils sont massacrés, des enfants en bas-âge auraient été brulés vifs. Nicée est alors dirigée par un jeune sultan de 17 ans, Kilij Arslan, fils du fondateur de la Turquie. Kilij a conscience que ces croisés ne le verront jamais que comme le dirigeant d´une terre barbare, il sera le premier chef musulman au courant de leur arrivée. Lorsque les premières nouvelles lui parviennent d´épaisses fumées noires cernent la ville depuis l´horizon, les croisés sont déjà aux portes de Nicée. Rapidement, une troupe de cavaliers turcs est envoyée, ils seront mis en pièces, submergés par le nombre. Le soir même les francs retournent à leur camp et Kilij se laisse convaincre de retarder le lancement d´une bataille. Deux semaines plus tard les croisés bougent, ils s´emparent par surprise de la forteresse de Xérigordon, à l´est de Nicée. Ils ignorent que sa particularité est d´avoir son approvisionnement en eau à l´extérieur, assez loin des remparts. Les turcs n´auront pas de difficulté à en bloquer l´accès en encerclant la forteresse, la soif se battant à leur place. Commencèrent pour les croisés un véritable supplice accentué par l´absence de pluie : ils durent boire le sang de leurs chevaux et leur propre urine. Une semaine après ils se rendirent à Kilij. Ceux qui refusèrent d´abandonner leur religion furent passés au fil de l´épée, les autres furent envoyés vers des villes de Syrie. La première croisade commence par une victoire pour l´Orient, les croisés avaient perdu 6000 hommes mais il en restait six fois plus. En mai 1097 un cavalier extenué arrive devant la tante de Kilij alors occupé à la bataille de Malatya. Les francs sont de retour, plus nombreux que l´année précédente. Kilij reste calme, il les a déjà vaincus. Plus pour rassurer les habitants de Nicée et sa femme alors enceinte, il accepte d´envoyer une troupe de cavaliers renforcer les défenses de la ville tandis que lui reviendra à Nicée dès la bataille de Malatya achevée. Quelques jours plus tard un nouveau cavalier s´écroule à la tante du roi, rompu de fatigue et tremblant de peur. Les propos qu´il tient jettent l´effroi dans le camp. Les croisés ont atteint Nicée et ont commencé à l´assiéger. La situation est semblable à la précédente, à un détail près : leurs rangs ne sont plus constitués dune bande de pillards désordonnés mais de milliers de chevaliers lourdement équipés, accompagnés des soldats du basileus. Kilij est rongé par le poids de sa décision à venir et finit par retourner vers sa ville, son adversaire à Malatya est honorable, il accepte une trêve. Hélas, Nicée est submergée d´assaillants, c´est avec regret que Kilij l´abandonne. Il fait parvenir un message à l´intérieur de la ville afin que ses défenseurs la livrent, par le biais du basileus, à Alexis Comnène, roi de Constantinople très respecté par les musulmans, et non aux francs. Le 19 juin Nicée devient byzantine, Kilij aura la joie d´apprendre que le sultanat a été épargné, sa femme et son nouveau-né seront même accueillis à Constantinople avec les honneurs royaux, scandalisant les occidentaux. Mais Nicée ne leur suffit pas, ils visent la Palestine. Leur itinéraire est connu, un guet-apens est préparé par Kilij et renforcé par le soutient d´autres chefs turcs. Juin 1097, les croisés quittent Nicée, 1er Juillet à l´aube les francs apparaissent à l´horizon sans se méfier. L´ordre d´attaque est lancée, la bataille de Dorylée débute. L´armée turc a une offensive efficace bien rodée composée de cavaliers légers experts au maniement de l´arc. Ils progressent en vagues d´assaut chevauchant vers l´ennemis, lorsqu´ils sont assez près ils déversent une vague de flèches puis laissent la place à une nouvelle rangée. Quand le nombre d´ennemis est suffisamment amoindrit s´engage alors le corps-à-corps achevant le combat. Ici ça ne se passe pas comme ça. Les chevaliers croisés ont un handicap qui fait leur force : leur armure. D´épaisses plaques de fer couvrant leur corps. Par elle ils sont lourds, lents et peu agiles mais encaissent facilement les attaques des turcs. Ils sont de formidables forteresses humaines. Après plusieurs heures de combat, les forces turques sont parvenus à en éliminer en grand nombre mais la majorité de l´armée croisée reste intacte. Un repli est évoqué mais Kilij hésite encore, quand à l´horizon un nuage de poussière se fait remarquer. Une nouvelle armée franque approche, au moins aussi nombreuse que l´actuelle. La retraite est acceptée mais l´ordre n´a pas encore été transmis qu´on lui rapporte l´arrivée imminente d´une troisième armée franque derrière les lignes turques. C´en est trop pour Kilij qui, acculé, abandonne le combat pour fuir, suivi de ses émirs et des cavaliers qui auront réussi à s´échapper avant d´être cernés. Cependant, la majorité de l´armée y restera. Kilij disparaitra dans le plateau anatolien et ne réapparaitra pour se venger que quatre ans plus tard. Pour les croisés, la première cible principale est Antioche, la place la plus forte d´Orient avec ses murs jalonnés de 360 tours. La nature la protège : à l´Est sa muraille escalade le mont Habib-an-Najjar, à l´Ouest l´Oronte -appelée al-Assi, "le fleuve rebelle" parce qu´il peut donner l´impression de couler à contre-sens, au sud une plaine très pentue. Impossible donc pour des assiégeants d´encercler la ville. Antioche est une cité immense, ses enceintes protègent de vastes terrains cultivés, l´approvisionnement en nourriture ne sera donc pas un problème. L´obtenir affaiblirait grandement le moral des troupes orientales, déjà bien attaqué, et affirmerait la force des occidentaux. Ils l´atteignent enfin après cent jours à marcher dans les plateaux d´Anatolie, où un mois aurait suffi. Ils souffriront beaucoup du poids de leur armure, de la chaleur torride et de l´aridité de l´environnement. Mais l´épreuve n´est pas encore terminée. Le 21 octobre 1097 Antioche se fige d´épouvante. Au loin, très loin dans la plaine, le nuage de fumée soulevé par les croisés confirme les craintes des habitants. Le maitre d´Antioche n´a rien à craindre des assaillants, sa ville est forte et ne peut être affamée, le seul danger serait la trahison d´un habitant, ce qui par le passé s´était déjà produit. Il craint que ses habitants chrétiens trahissent et préfère donc les isoler hors de la ville, leur promettant de prendre soin de leur familles respectives, ce qu´il fera. Pour ces chrétiens d´orient la situation est délicate : les occidentaux les soupçonnent de sympathie envers l´ennemi tandis que les orientaux les voient comme des alliés naturels des occidentaux. Dans cette bataille, 6000 courageux hommes se défendent des assauts de trente mille terribles combattants. Le siège dure huit mois où les croisés subiront de violentes contre-attaques, la famine et les maladies. La pluie ne cesse de tomber, leur camp nage dans la boue et le sol tremble et gronde, ce à quoi les habitants d´Antioche sont habitués contrairement aux assiégeants. Tout ça nuit au moral des croisés qui désertent, même du coté des chefs. Leur moral reviendra après la victoire contre les habitants d’Alep, plusieurs milliers de cavaliers turcs venus d´Alep en renfort se feront violement décimés par sept cents croisés suite aux appréhensions et aux hésitations de leur roi, Redwan. Ils ont également remarqué qu´ils étaient espionnés, afin de décourager les espions d´Antioche ils en capturèrent un, le tuèrent, le firent rôtir sur une broche et le dévorèrent en criant que tout espion attrapé subirait le même sort. Et effectivement, les informateurs prirent peur et fuirent. Le moral d´Antioche se dégradait, ils ont demandé l´aide de secours qui tour-à-tour ont refusé, se sont fait décimer ou feront un détour qui les retardera trop. La ville finit par tomber le 18 juin 1098 après la trahison d´un garde qui fera passer les croisés par-dessus les murailles. Il était un fabricant de cuirasses nommé Firouz, musulman arménien accusé de marché noir par le maitre d´Antioche, avec lourde amende à la clé. Ça serait par vengeance qu´il aurait agi et les assiégeants lui auraient promis or et terres. La ville sera ainsi prise, le roi pris de panique s´enfuira précipitamment et perdra connaissance, le chagrin l´avait rendu mourant. Les habitants délaissés seront en proie à la fureur des croisés, hommes, femmes et enfants seront égorgés dans les rues, des incendies ravagent les habitations, bref, la ville est prise et pour longtemps. Des discordes éclatent entre les barons occidentaux qui souhaitent se sédentariser, mais les pauvres ont suffisamment d´impact pour relancer la marche vers Jerusalem, bien que Bohémond préfère rester à Antioche pour y façonner une principauté et que le frère de Godefroi -Baudoin de Boulogne- préfère rester dans le comté d´Edesse dont il s´est emparé. Le 7 juillet 1099 Jerusalem apparait. Iftikhar, alors maitre de Jerusalem, a bien préparé sa défense. Il a rassemblé d´énormes quantités de nourritures pour éviter la famine, il a également expulsé les habitants chrétiens -comme à Antioche-, il a aussi empoisonné l´eau des environs, conjugué à la sècheresse des environs l´ennemi risque d´avoir des difficultés pour se désaltérer. Du coté des défenseurs nous avons archers soudanais et cavaliers arabes alors que coté assiégeants les occidentaux agissent étrangement. Après avoir fait une procession autour de Jerusalem, priant et chantant à tue-tête ils se lancent contre les remparts avec rage sans etre pourvus d´échelles ! Jerusalem, appelée "Al-Quds", "Beit-el-Maqdess" ou "Al-Beit al-Mouqaddas", "le lieu de la sainteté", considérée par les musulmans comme la troisième ville sainte de l´islam après La Mecque et Médine, c´est ici que Dieu a conduit le Prophète pour lui faire rencontrer Jésus et Moise. Les premiers assauts sont un échec, archers et feux grégeois mettent à mal les croisés. L´arrivée de renforts chargées de vivres et de machines de siège combinés au savoir-faire en stratégie militaire de Godefroi changeront la donne. Il repèrera des remparts peu défendus à l´est de la porte d´Hérode et concentrera ses attaques dessus. Le 15 juillet 1099 la ville tombe, les croisés ivres de fatigue et de douleurs accumulées massacreront les habitants sans distinction d´âge. Dès le soir venu ils se précipiteront se prosterner dans le Saint-Sépulcre. Les habitants furent exterminés, pendant une semaine les croisés massacreront les musulmans. Dans la mosquée al-Aqsa : 70 000 morts, estime le chroniqueur ibn al-Athir. Ibn al-Qalanissi ajoute que des juifs furent rassemblés dans leur synagogue avant d´y être brulés vifs. Seront détruits ensuite des monuments saints et tombeau d´Abraham. Il faut noter que le maitre de Jerusalem, constatant sa défaite, sera allé se réfugier dans la solide tour de David. Impossible pour les croisés de prendre cet édifice, c´est pourquoi ils proposeront au maitre de le laisser partir. D´abord dubitatif, il se fiera à la réputation d´homme respectable de l´auteur de la proposition -Saint-Gilles- et acceptera. Saint-Gilles tint parole et le maitre vaincu d´une Jerusalem défigurée pourra partir sain et sauf. Le Moyen-Orient est troublé, ils prennent les croisés pour des mercenaires byzantins -c´est pourquoi ils les appellent "al-Rumi", en référence à l´empire romain d´Orient- et comme ils avaient l´habitude de négocier avec eux ils sont étonnés du peu de succès lors de prises de contact avec les croisés d´Antioche. Ce sera un prédicateur de Damas qui comprendra la dimension religieuse de cette épopée et qui en parlera comme un jihad. Dès 1105 il tentera d´appeler les musulmans à réagir, sans y parvenir. Le cadi de Damas constate l´humiliation subie par son peuple et surtout sa totale passivité. Il décide donc de les scandaliser afin de les faire réagir. Le 19 aout 1099 à midi, à la mosquée de Baghdad, en pleine période du jeune imposé par le ramadan, entouré de ses coreligionnaires en prière, il va s´organiser un festin solitaire ! Rapidement une foule compacte de musulmans en rage se masse autour de lui et la garde s´avance pour l´arrêter. C´est alors qu´il se met debout et, calmement, demande comment peuvent-ils s´offusquer autant pour une rupture du jeune et fermer les yeux sur le massacre de milliers de musulmans et la destruction de lieux saints de l´islam. La foule se figea, stupéfaite, et le silence se fit, il en profitera pour décrire en détails les atrocités commises par les croisés. Mais il ne s´arrêtera pas là, ayant conquis le cœur de son auditoire il se précipitera dans les palais pour faire bouger le calife en personne, hélas, le leur n´est qu´un représentant du déclin de la dynastie du Prophète. Leur calife est -certes- très cultivé, raffiné, amoureux de tous les arts et lui-même architecte et poète à ses heures, il n´en demeure pas moins vrai qu´il est également un fainéant désintéressé par la politique. Et vue l´état de la politique arabe à cette époque, il aurait été intéressé par elle que ça n´aurait rien changé, son pouvoir était finalement très restreint, même dans ses murs. Il faudra attendre douze ans pour qu´un cadi d´Alep, Abou-l-Fadl, réveille les musulmans au jihad en réitérant simplement l´acte de son prédécesseur à Baghdad ? Sauf que cette fois-ci ça sera une véritable émeute. Au début du XIIème siècle les "Roums" -les croisés- consolident leurs positions et quatre Etats latins d´Orient seront créés : le royaume de Jerusalem, la principauté d´Antioche et les comtés d´Edesse et de Tripoli. Godefroi avait refusé le titre de "roi de Jerusalem" pour préférer celui d´"avoué du Saint-Sépulcre" mais à sa mort en 1100, son frère Baudouin Ier aura moins de scrupules et règnera sur Jerusalem, rendant laïques les états sous son contrôle. Il assurera la cohésion entre ces états et permettra aux musulmans de vivre parmi eux. L´islam se décide enfin à réagir, il entame sa réunification avec l’atabek Imadeddin Zinki, nouveau maitre d’Alep et de Mossoul. Très proche des Francs dans sa manière d’arriver à ses fins, n’hésitant jamais à en venir aux pires cruautés et à la perfidie, attaquant souvent plus les musulmans que les Francs, mais cela ne l’empêchera pas d’être considéré comme « le cadeau de la Providence divine aux musulmans ». Ce guerrier infatigable va parcourir la Syrie et l’Irak pendant dix-huit ans, combattant, pactisant, intriguant contre tous. Il n’acceptera jamais de se reposer dans l’un des palais des nombreuses villes qu’il a conquis, il préfèrera dormir en dehors des remparts, dans sa tente. Plutôt que de fréquenter des courtisanes il s’entourera de conseillers politiques expérimentés et sera à la tête d’un large réseau d’informateurs qui le tiendront constamment au courant de tout. Déjà en cela il était différent des précédents généraux turcs, mais la véritable différence était que les principes qu’il suivait il les faisait aussi appliquer à son armée par une discipline stricte. Au moindre faux-pas la punition était impitoyable. Pour l’exemple, l’historien Ibn al-Athir nous raconte qu’une fois, l’un des émirs de Zinki, ayant reçu un fief dans une petite ville, s’était installé dans la demeure d’un riche commerçant. Celui-ci demanda à voir Zinki et lui exposa son cas. Zinki lança un seul regard à l’émir qui évacua immédiatement la maison. Dans une bataille il fera la connaissance du père du célèbre Saladin, avant qu’il ne naisse. Alors qu’il était en situation délicate et que son armée se faisait décimer par les hommes du calife, un jeune officier kurde nommé Ayyoub viendra l’aider à son grand étonnement, alors qu’Ayyoub aurait pu le combattre, rentrant ainsi dans les petits papiers du calife, il choisit plutôt de lui faire traverser le fleuve pour qu’il puisse s’échapper. Zinki n’oubliera jamais ce geste chevaleresque. En 1138, le chroniqueur Oussama ibn Mounqidh sera envoyé à Jerusalem pour étudier la possibilité d’un accord franco-damascaine contre le maitre d’Alep. Il rapportera l’évolution qu’auront connue les francs. Parmi les templiers il en voyait qui étaient venus se fixer au milieu des arabes et qui ont cultivé la société des musulmans. Il dit d’eux qu’ils sont bien supérieurs à ceux qui les ont nouvellement rejoints dans les territoires qu’ils occupent mais c’est un constat général, les occidentaux qui vivent depuis longtemps parmi les orientaux se sont enrichis de cette proximité. En lisant les rapports d’Oussama l’on porte un regard différent sur les occidentaux d’Orient, l’on constate qu’ils sont très en retard sur le plan scientifique, technique, de la médecine, de leur justice et surtout de leurs mœurs. Oussama est choqué de voir des gens si courageux n’avoir ni jalousie ni sens de l’honneur alors que le courage ne vient que du sens de l’honneur du mépris de ce qui est mal. Pour étayer ses propos il citera en exemple un Franc qui sort dans la rue avec son épouse. Ils rencontrent un autre homme qui vient prendre la main de la femme pour la tirer à part afin de lui parler tandis que le mari s’écarte en attendant qu’elle ait fini la conversation. Si la conversation dure trop longtemps, le mari s’en va en la laissant avec son interlocuteur. Au final, Oussama n’admire chez eux que les qualités guerrières. Zinki lancera la première offensive contre-croisade en prenant Edesse le samedi 23 décembre 1144. Le comte qui dirigeait la ville était alors partie sur les rives de l’Euphrate. Il n’avait laissé aucune troupe à Edesse, il ne restait que les cordonniers, les tisserands, les marchands de soieries les tailleurs et les prêtres. Zinki avait encerclé la ville, toutes les terres l’entourant étaient couvertes de ses hommes. Il adressait constamment des propositions de paix aux assiégés « O malheureux ! Vous voyez que tout espoir est perdu. Que voulez-Vous ? Qu’attendez-vous ? Ayez pitié de vous-mêmes, de vos fils, de vos femmes, de vos maisons ! Faites que votre cité ne soit pas dévastée et privée d’habitants ! ». Mais il n’eut comme réponse que des insultes, sans leur comte la ville ne détenait pas de responsable capable d’imposer sa volonté. En parallèle il avait entamé les hostilités en faisant creuser des mines sous les remparts, ce que les défenseurs remarquèrent rapidement. Ils décidèrent alors d’écrire une lettre pour demander une trêve, mais lorsqu’ils la lurent au peuple, un marchand de soie s’approcha, attrape le message et le déchira. Sous les remparts, Zinki poursuivait : « Si vous désirez une trêve de quelques jours, nous vous l’accorderons pour voir si vous obtiendrez de l’aide. Sinon, rendez-vous et vivez ! ». Mais les secours ne vinrent pas, et le comte lui-même préféra ne pas revenir dans sa ville, choisissant d’attendre l’aide éventuelle d’Antioche ou Jerusalem. Zinki fit sauter un pan des remparts, beaucoup de ses hommes moururent dans cet acte. Lorsqu’ils pénétrèrent la ville ils se mirent à massacrer les habitants sans distinction, six mille habitants périrent. Femmes, enfants et jeunes gens se précipitèrent vers la citadelle mais ils trouvèrent porte close. Auparavant, l’évêque avait ordonné aux gardes qu’ils n’ouvrent pas la porte s’ils ne voyaient pas son visage. Le peuple effrayé cherchant à fuir le massacre était acculé mais ne cessait d’affluer, ils montèrent les uns sur les autres, ils se piétinèrent, bousculés, étouffés, devenant une masse compacte, hurlante et gémissante. Cinq mille personnes périrent ainsi sous les pieds de leurs concitoyens. C’est Zinki lui-même qui interviendra pour mettre fin à la tuerie. Ensuite il organisera la sortie des défenseurs encore retranchés dans la citadelle : les syriens et arméniens purent rentrer chez eux, les Francs se virent privés de leur or et autres richesses, les prêtres, nobles et notables expédiés nus et enchainés à Alep, les artisans furent garder comme prisonniers pour qu’ils travaillent à leur métier respectif et la centaine de Francs qui restaient furent exécutés.

c. Seconde Croisade

Edesse était conquise, cet acte provoquera le lancement de la seconde croisade en mars 1146, qui sera un échec cuisant pour les occidentaux. Après Edesse, le calife s’empressa d’offrir à Zinki de nouveaux titres prestigieux. A l’époque, les dirigeants étaient nommés de leur nom complet paré de leurs titres. C’est pourquoi Zinki devait être nommé : « L’émir, le général, le grand, le juste, l’aide de Dieu, le triomphateur, l’unique, le pilier de la religion, la pierre angulaire de l’islam, l’ornement de l’islam, le protecteur des créatures, l’associé de la dynastie, l’auxiliaire de la doctrine, la grandeur de la nation, l’honneur des rois, l’appui des sultans, le vainqueur des infidèles, des rebelles et des athées, le chef des armées musulmanes, le roi victorieux, le roi des princes, le soleil des mérites, l’émir des deux Irak et de la Syrie, le conquérant de l’Iran, Bahlawan Jihan Alp Inassaj Kotlogh Toghrulbeg atabek Abou-Said Zinki Ibn Aq Sonqor, soutien du prince des croyants ». Une nuit de septembre, Zinki s’endort après avoir ingurgité une grande quantité d’alcool. Au beau milieu de la nuit, un bruit dans sa tente le réveille. Ouvrant les yeux il aperçoit l’un de ses eunuques qui boit tranquillement du vin dans son propre gobelet. La fureur de Zinki se déchaine et il lui promet une punition maison dès le levé du Soleil. Craignant pour sa vie, l’eunuque attend que son maitre se rendorme pour se jeter sauvagement sur lui pour le cribler de coups de poignards avant de s’enfuir à toute jambe. Zinki ne meurt pas sur le coup, alors qu’il agonise à demi-conscient, l’un de ses proches entrera dans sa tente. En le voyant, Zinki avait dû penser qu’il venait pour l’achever un d’un geste du doigt lui demanda grâce. Alors que son ami tombait à genoux d’émotion il lui demanda la voix nouée qui lui avait fait cela. Hélas, Zinki mourut avant de pouvoir lui répondre. Rapidement son armée si disciplinée se dissipe, ses trésors sont partagés, ses émirs s’enferment dans leurs forteresses, la suzeraineté en Syrie centrale est rétablie et Alep et Edesse sont à nouveau attaquées. Toute l’épopée de Zinki semble avoir été veine mais il en vérité elle ne s’arrête pas là. Le corps de Zinki n’est pas encore froid qu’un jeune homme de vingt-neuf ans s’approche de lui, imperturbable au milieu de l’effervescence qui règne dans le camp. Il saisit la main inerte, tremblant légèrement, et retire la chevalière, symbole de pouvoir, avant de la glisser à son doigt. Cet homme est Noureddin, le second fils de Zinki. Un homme vertueux qui a hérité de toutes les qualités de son père sans ses défauts. Véritable unificateur du Proche-Orient, tant sur le plan politique que religieux. Sage, pieux et simple, protecteur des lettres et des sciences, fondateur de mosquées, d´hôpitaux et de bibliothèque, il incarnera le jihad et mènera une guerre sainte qu´il conçoit avant tout comme une conversion intérieure, il souhaite faire évoluer les valeurs de l´islam chez les musulmans. Il fut un adversaire très respecté des Francs. Tout comme son père il était très strict avec lui et ses hommes, non content de s’interdire l’alcool il l’interdira totalement à son armée. Les princes de la région vivent dans le luxe et étouffent leurs citoyens par leurs impôts tandis que Noureddin supprimera tous les impôts sur ses terres. Il refusera de porter des vêtements luxueux pour préférer des étoffes rugueuses. Il supprimera son titre de « Noureddin », « lumière de la religion » pour ne garder que son nom, Mahmoud. Et s’il priait Dieu pour la victoire, c’était pour qu’il la donne à l’islam et non à lui-même, il se qualifiait alors de « chien Mahmoud ». Ces démonstrations d’humilités attiraient sur lui les faveurs du peuple mais la méfiance des puissants qui voyaient en lui un hypocrite. Il s´emparera de Damas le dimanche 25 avril 1154 à l´âge de 36 ans. Il n’y avait alors personne sur les murs, ni soldats, ni citadins. Du haut d’un rempart, une jeune femme avait lancé une corde qu’utilisera plusieurs des hommes de Noureddin pour infiltrer la ville. Arrivé au sommet ils hissèrent un drapeau et crièrent : « il y a mansour ! O victorieux ! ». La bonne réputation et la sympathie que les habitants éprouvaient pour Noureddin fit qu’ils se rendirent sans penser à résister, c’était cette même ville qui avait repoussé Assassins, Francs et même Zinki, le père de Noureddin. Il se rendra maitre de l´Egypte en 1169 avec son général kurde Shirkuh et sa future célébrité de neveu : Saladin. A la mort de Shirkuh, c´est Saladin qui sera proposé comme nouveau vizir par les conseillers du calife al-Adid qui voyaient en lui le plus inexpérimenté et le plus faible des émirs de l´armée. En quelques semaines il parviendra à s´imposer et éliminera les fonctionnera dont il jugeait la loyauté douteuse. Avant fin 1169, Saladin sera devenu le maitre incontesté de l´Egypte et la disparition du califat ne fera qu´assurer sa position. Hélas, les relations entre Saladin et son maitre Noureddin ne cesseront de s´envenimer à partir de cet instant. Lorsqu´Ayyoub, père de Saladin, mourut en aout 1173 suite à une chute en cheval, Noureddin comprend qu´il n´y a plus au Caire qu´un seul homme ne qui il a confiance et décide donc de reprendre les choses en main en envahissant l´Egypte pour l´arracher des mains de Saladin, mais alors qu´il s´apprêtait à partir, il tomba fortement malade. Les médecins lui prescrivirent une saignée qu´il refusa, jugeant qu´on ne saigne pas un homme de soixante ans. Le 15 mai 1174, l´unificateur de la Syrie musulmane, Noureddin, n´est plus. Une succession d´événements déblayera la route de Saladin : après la déchéance des fatimides qui l´amènera à devenir l´héritier de la plus riche des dynasties musulmanes, après la disparition de son maitre juste avant son assaut, Amaury, roi de Jerusalem qui louchait sur l´Egypte depuis longtemps, meurt deux mois après Noureddin, lui succédera au trône de Jerusalem un jeune homme de treize ans affligé de la lèpre, Manuel, empereur des Roums qui louche sur l´Egypte et la Syrie se fera exterminer dans une bataille contre le petit-fils de Kilij Arslan. Malgré tous ces signes de la Providence, Saladin su rester simple. Physiquement il était petit, frêle, à la barbe courte et régulière, au visage pensif, un peu mélancolique et qui pouvait s´illuminer d´un sourire réconfortant. Il aurait du apparaitre dans Assassin´s Creed, un rendu avait même était réalisé. Toujours prêt à garder ses invités pour un repas, les traitant avec les honneurs même s´ils étaient des infidèles, il ne voulait pas que ses visiteurs viennent à lui et repartent déçus. Tout comme ses deux prédécesseurs, il reniait les palais mis à sa disposition pour préférer y installer ses émirs. Lui se contentait de la résidence réservée aux vizirs. Mais contrairement à ses prédécesseurs il se montrera plus clément avec ses hommes, mais pas moins avec lui-même. Cependant, il se montrera au moins aussi impitoyable envers ceux qui insultent l´islam. Son secrétaire rapportera un exemple qui montre qu´il était resté humble. Un jour que Salaheddin était fatigué et qu´il cherchait à se reposer, un de ses mamelouks vint à lui et lui présenta un papier à signer. "Je suis épuisé, dit le sultan, reviens dans une heure !" Mais l´homme insista. Il colla presque la feuille au visage de Salaheddin en lui disant : "Que le maitre signe !" Le sultan répondit : "Mais je n´ai pas d´encrier sous la main !" Il était assis à l´entrée de sa tente, et le mamelouk remarqua qu´il y avait à l´intérieur un encrier. "Le voilà, l´encrier, au fond de la tente", lança-t-il, ce qui signifiait qu´il ordonnait à Salaheddin d´aller prendre lui-même l´encrier, rien de moins. Le sultan se retourna, vit l´encrier et dit : "Par Dieu, c´est vrai !" Il s´étendit alors vers l´arrière, s´appuya sur son bras gauche, prit l´encrier de la main droite. Puis il signa le papier. Outre son courage, sa justice et son zèle pour le jihad, il su garder une certain sensibilité. C´est ainsi qu´en pleine campagne contre les francs, apprenant la mort de son neveu, il se mit à pleurer à chaudes larmes devant ses hommes. Une autre fois, toujours lors d´une campagne contre les francs, une femme demanda à rencontrer Salaheddin. Elle venait de chez les francs et lui dit que des voleurs musulmans avaient kidnappés sa fille à la faveur de la nuit. Elle a pleuré toute la nuit alors ses chefs lui ont proposé d´aller voir le roi des musulmans, connu pour être miséricordieux. Elle lui avoua mettre tous ses espoirs en lui. Salaheddin fut très ému par cette déclaration et des larmes lui vinrent aux yeux. Il envoya un homme au marché des esclaves, trouva la fille et l´amena à sa mère. Lors des retrouvailles, mère et fille pleurèrent de joie, puis elles furent raccompagnées au camp des francs. Salaheddin connaitra quelques désaccords avec le fils de Noureddin. Celui-ci verra en lui un menace suffisamment importante pour demander de l´aide auprès des Assassins, alors dirigés par Rachideddin Sinan. Il promettra de s´occuper de Salaheddin. Premier attentat début 1175 : des Assassins pénètrent dans le camp de Saladin, parviennent jusqu´à sa tente où un émir les reconnait et donne l´alerte. Les assassins seront massacrés. Second attentat en mai 1176, un Assassin pénètre la tente de Saladin et lui assène un coup de poignard à la tête. Heureusement il était méfiant depuis le premier attentat et portait une coiffe de maille. Le tueur concentre ses coups sur la gorge de sa victime mais là encore la lame est bloquée. Un des émirs arrive alors, saisit le poignard d´une main et de l´autre lui assène un coup qui le met aussitôt à terre. Saladin n´a pas le temps de se relever qu´un second Assassin bondit sur lui, puis un troisième, tous deux semblant sortir de nulle part. Heureusement, les gardes sont déjà là et les massacrent. Saladin sort de sa tente, hagard, titubant, ahuri d´être encore en vie et sans une égratignure. Dès qu´il a repris ses esprits il ira se venger en attaquant le repaire principal des Assassins : Masyaf. Le château de Masyaf, construit pendant la période de domination byzantine, est sur un éperon rocheux qui domine de 20 m la dépression fertile d’al-Ghâb irriguée par l’Oronte. Elle est la capitale d’une principauté que les croisés appellent le « Territoires des assassins ». Lors de ce siège il se passera quelque chose d´inconnu qui conduira Saladin à la fuite. Les archives de la secte des Assassins racontent que Rachideddin Sinan était hors de la forteresse lors du siège, avec deux de ses hommes. Saladin envoya une troupe importante pour le capturer mais alors qu´ils l´avaient encerclé ils se seraient retrouvés comme paralysés par une force mystérieuse. Lorsqu´ils purent rentrer au camp, Saladin, effrayé, fit renforcer la garde autour de sa tente. En pleine nuit il sera réveillé par une ombre qui s´enfuyait de sa tente, l´espace d´un instant il cru reconnaitre Sinan en personne. Sur son lit il trouva une galette empoisonnée et un papier : "Tu es en notre pouvoir". Les gardes n´avaient rien vu malgré leur nombre et leur torche. Dès le lendemain le siège de Masyaf était levé. Plus jamais il ne reviendra sur le territoire des Assassins. Il fera même tout pour s´en faire des alliés. Le valeureux roi Franc lépreux, Baudouin IV, meurt en 1185. A sa mort les problèmes administratifs des francs se succèderont. Son neveu de six ans, Baudouin V, montera sur le trône mais meurt un an plus tard. Jerusalem sera confiée à un piètre régent dénué de toute compétence politique ou militaire : Guy de Lusignan. Saladin envahit la Galilée en se servant de la capture de Tibériade comme d´un appât, Guy se laissera prendre et partira défendre la cité. Ce ne sont pas moins de 20 000 hommes -selon les occidentaux, 12 000 selon les orientaux- qui devront traverser un terrible désert rocheux où à la sècheresse de l´atmosphère s´ajoutera le harcèlement des archers de Saladin. Ce n´est qu´au soir que ces hommes à l´armure brulante et pesante arrivent assoiffés en vue du lac de Tibériade, large étendue d´eau fraiche, qu´ils aperçoivent entre deux pics rocheux : "la corne du Nord" et "la corne du Sud". Malheureusement lorsqu´ils passent ces deux cornes le piège se referme sur eux quand les musulmans se dressent devant eux et l´eau. Au matin Saladin, ses hommes et son fils les encerclent et font enflammer les broussailles autour d´eux afin de les désorienter. Seul Raymond de Tripoli et quelques uns de ses chevaliers parviendront à s´échapper, par la clémence de Saladin qui l´estimait beaucoup. Assaillis par la soif, les flammes, la fumée, la chaleur, le feu du combat et la fuite de Raymond, les francs faillirent capituler. Mais pour eux, la seule manière d´avoir une chance de s´en sortir c´était de se battre. Ils portèrent des assauts si violents que les musulmans faillirent céder, mais à chaque montée les francs perdaient beaucoup d´hommes. Le fils de Salaheddin a rapporté les derniers échanges de la bataille : "J´étais, dit-il, aux cotés de mon père à la bataille de Hittin la première à laquelle j´ai assisté. Lorsque le roi des Franj se retrouva sur la colline, il lança avec ses gens une farouche attaque qui fit reculer nos propres troupes jusqu´à l´endroit où se tenait mon père. je la regardais alors. Il était triste, crispé, et tirait nerveusement sur sa barbe. Il s´avança en criant : "Satan ne doit pas gagner !" Les musulmans partirent de nouveau à l´assaut de la colline. Quand je vis les franj reculer sous la pression de nos troupes, je hurlai de joie : "Nous les avons battus !" Mais les franj attaquèrent de plus belle, et les nôtres se retrouvèrent à nouveau auprès de mon père. Il les poussa cette fois encore à l´assaut, et ils forcèrent l´ennemi à se retirer vers la colline. Je hurlai à nouveau : "Nous les avons battus !" Mais mon père se tourna vers moi et me dit : "Tais-toi ! Nous ne les aurons écrasés que lorsque cette tente là-haut sera tombée !" Avant qu´il ait pu terminer sa phrase, la tente du roi s´écroula. Guy et ses hommes sont forcés de se rendre. Ils seront massacrés, quelques uns d´entre eux seront faits prisonniers. Deux cent chevaliers du Temple et de l´Hôpital seront décapités sur place. La plus cruelle défaite pour les francs sera la perte de la Vraie Croix dont les musulmans s´emparèrent. C´est sur cette croix que Jésus aurait été crucifié. Saladin rencontra Guy accompagné de Renaud de Chatillon, connu chez les arabes comme étant le "brins Artas". C´était une personnalité à la mentalité échappée de la première croisade, assoiffé d´or, de sang et de conquête. Odieux, détesté de ses ennemis et de ses semblables, il sera emprisonné 15 ans à Alep avant d´être relâché par le fils de Noureddin en 1175. Sa captivité n´avait fait qu´augmenter son fanatisme, son avidité et sa soif de sang. A lui seul il suscitera plus de haine entre Arabes et Francs que plusieurs décennies de guerres et de massacres. Il prône la politique des premières invasions : éliminer les Arabes, piller et massacrer, conquérir. Conciliation et compromis sont trahisons, trêves et paroles d´honneur ne représentent rien. Lors de la victoire de Saladin à Hattin, Saladin réprimanda Arnaud qui revendiqua ses accusations comme une norme. a ses cotés, le pauvre Guy haletait de soif. Saladin lui offrit de l´eau glacée qu´il but goulument avant de présenter le reste à son camarade Arnaud, qui se désaltéra à son tour. Il faut savoir que la tradition arabe veut qu´un prisonnier à qui l´on offre à manger ou à boire doit avoir la vie sauve. Saladin dit alors à Guy qu´il ne lui avait pas demandé la permission avant de lui donner à boire, et qu´ainsi cela ne l´engageait à aucune grâce vis à vis d´Arnaud. Il tuera Arnaud en enfonçant le frappant avec son sabre entre le cou et l´omoplate. Sa tête sera ensuite séparée du corps sous les yeux épouvantés de Guy, secoué de tremblements. Saladin le voyant ainsi le rassura. Effectivement, Guy pourra partir avec la plupart des prisonniers. Cette victoire ouvrira à Saladin le chemin vers Jerusalem qu´il récupèrera en octobre 1187. Il souhaite la récupérer sans destruction ni effusion de sang, il engage donc des pourparlers. Si les habitants se rendent sans combattre il laissera partir ceux qui le désirent, et avec leurs biens, les lieux de culte chrétiens seront respectés et les futurs pèlerins pourront venir en ne craignant rien. La proposition est tout à fait honnête, mais étonnamment les francs refusent de leur céder la Ville Sainte. Saladin promet alors un bain de sang égal à celui commis par les croisés en 1099. Il appelle tous ses émirs qui accourent aussitôt, enchantés de se battre pour la ville sainte. Le siège sera rapide. Jerusalem est encerclée le 20 septembre, le 29 une brèche dans les enceintes est faite, près de l´endroit par où étaient passés les francs en 1099. Saladin rencontre le défenseur de la ville avec qui ils discutent des termes de la reddition. Saladin se montre intraitable, après tout il leur avait proposé de se rendre sans combattre avant la bataille. Depuis il a juré de prendre la ville par les armes, le seul moyen de le délier de cette sanglante promesse ce serait que Jerusalem lui ouvre ses portes et s´abandonne totalement à lui. Alors le chef de la défense de la ville tiendra ces mots : "O sultan, sache qu´il y a dans cette ville une foule de gens dont Dieu seul connait le nombre. Ils hésitent à poursuivre le combat, parce qu´ils espèrent que tu préserveras leurs vies comme tu l´as fait avec bien d´autres, parce qu´ils aiment la vie et détestent la mort. Mais si nous voyons que la mort est inévitable, alors, par Dieu, nous tuerons nos enfants et nos femmes, nous brulerons tout ce que nous possédons, nous ne vous laisserons, comme butin, pas un seul dinar, pas un seul dirham, pas un seul homme ni une seule femme à emmener en captivité. Ensuite nous détruirons le Rocher Sacré, la mosquée Al-Aqsa et bien d´autres lieux, nous tuerons les cinq mille prisonniers musulmans que nous détenons, puis nous exterminerons les montures et toutes les bêtes. A la fin, nous sortirons, et nous nous battrons contre vous comme one se bat pour sa vie. Aucun de nous ne mourra sans avoir tué plusieurs des vôtres." Saladin sera ému par tant de ferveur. Finalement il acceptera, ceux qui voulaient partir le pourront en échange d´une certaine somme d´argent. Les lieux de culte chrétiens seront préservés et les pèlerins pourront même y venir. Saladin considère avoir accompli son devoir à l´égard de Dieu et de sa foi. En Orient, les forteresses qui restent aux mains des Francs commencent à se faire rares, les principales sont : Tyr, Tripoli, Antioche et le krak des chevaliers. Tyr sera une grosse erreur de Salaheddin. A chaque fois qu´il s´emparait d´une ville ou d´une forteresse franque, il permettait aux chevaliers et aux soldats ennemis de s´y exiler, si bien que cette cité était devenue pratiquement imprenable. Des dizaines de milliers de francs étaient regroupés dans la plus puissante place forte du littoral, attaquer Jerusalem était un acte trop provocateur pour eux.

d. Troisième Croisade

La perte de Jerusalem poussera le pape Grégoire VIII à lancer une troisième croisade, en 1187. Les trois principaux souverains d´Occident y répondent et ce sont l´empereur germanique Frédéric Barberousse, grand-père de Frédéric II de Hohenstaufen qui deviendra une personnalité aussi prestigieuse que Nur al-Din, le roi de France Philippe Auguste et le roi d´Angleterre Richard Cœur de Lion, vu par les arabes comme étant un homme brave, rusé, actif, patient et efficace. Il était un combattant redoutable, un stratège hors-pair et un diplomate avisé. Lors de la prise de Jaffa il est décrit selon ces lignes : "Il se lançait au milieu des Turcs et les fendait jusqu´aux dents... sa personne, son cheval et son caparaçon étaient si couverts de flèches qu´ont eut dit un hérisson". A trente-trois ans, ce géant roux est le prototype du chevalier belliqueux aux nobles idéaux camouflant une brutalité déroutant et un total manque de scrupule. Roi charismatique, il est lui-même fasciné par Salaheddin. Quelques semaines après la prise de la Ville sainte, en novembre 1187, Salaheddin attaque Tyr, alors défendue par celui que les arabes appelaient "al-Markich", le marquis Conrad de Montferrat dont nous rencontrerons le père dans la quatrième séquence d´Assassin´s Creed. Mais le siège se fera sans grande conviction, Tyr est naturellement bien protégée, les Franj menés par Conrad semblent prêt à se battre jusqu´à la mort, les émirs de Salaheddin ne sont pas motivés, l´argent manque, l´hiver arrive, bref, le sultan lève le siège et s´en va conquérir d´autres villes. En juillet 1188 il relâche le faible Guy après lui avoir fait promettre de ne plus s´en prendre aux musulmans. En aout 1189 il renie sa parole et attaque Acre grâce à des forces franques fraiches qui arrivent chaque jour par bateau, en vagues successives. La bataille d´Acre sera l´une des plus longues et des plus éprouvantes de toutes les guerres franques. Rapidement la situation se figera : les musulmans à l´intérieur de la ville tiendront solidement les remparts, à l´extérieur les Franj formeront une bande de plus en plus dense et épaisse impossible à déloger, et derrière eux se trouveront les forces du sultan Salaheddin qui pourra compter sur suffisamment de renfort pour être à l´abri des contre-attaques. Un climat étrange s´installe où, entre deux batailles, chevaliers occidentaux et émirs orientaux s´invitent à table et conversent tranquillement, allant jusqu´à jouer ensemble. Un jour, fatigués de se battre, les hommes des deux camps décidèrent d´organiser un combat entre les enfants. Deux garçons orientaux contre deux autres occidentaux se rejoignirent sous les remparts de la ville. Dans le feu de la lutte, un des garçons musulmans immobilisa à terre un des garçons chrétiens et le saisit à la gorge. En voyant qu´il risquait de le tuer, les Francs s´approchèrent de lui et lui dirent d´arrêter, que je jeune occidental était devenu son prisonnier et qu´ils allaient le lui racheter. Ils lui donnèrent deux dinars et le jeune oriental relâcha son captif. En avril 1191 le roi de France Philippe Auguste débarque avec ses troupes dans le voisinage d´Acre, début juin Richard Cœur de Lion se joindra à lui. Dès son arrivée il cherche à rencontrer Salaheddin, mais pour apprendre à le connaitre, il n´est pas venu pour négocier. Le sultan refusera son invitation, jugeant que deux rois ne peuvent pas combattre l´un contre l´autre une fois qu´ils se connaissent et après avoir mangés ensemble, mais son frère sera autorisé à le rencontrer. Tandis que ces échanges se poursuivent, Richard prépare l´assaut final d´Acre, la ville prise d´un étau qui l´étouffe. La ville, totalement coupée du monde, est sujette à la famine, aux maladies, et à un manque d´information sur les événements extérieurs. Au début de l´été 1191 les assiégés sont en plein désespoir et appellent à la capitulation. Salaheddin cède à la dépression, perdant tous ces espoirs de sauver la ville. Le 11 Juillet 1191, après deux longues années de sièges, Acre entre en possession des croisés. Surmontant sa peine, Salaheddin cherchera à discuter des conditions de libération des prisonniers, mais Richard est trop occupé à organiser une vaste offensive, tout comme le sultan quatre ans plus tôt. Salaheddin avait décidé de les laisser partir pour ne pas s´encombrer, pour la même raison Richard préfèrera les exterminer. Il fit exécuter 2700 prisonniers musulmans. Rassemblés devant les murs d´Acre avec près de trois-cents femmes et enfants, ligotés ensemble, ils sont jetés en pâture aux combattants francs qui s´acharnent sur eux avec leurs épées, leurs lances et même des pierres, jusqu´à ce que cessent leurs gémissements. Philippe Auguste considéra sa mission accomplie et repartira alors que Richard visait la reconquête du littoral Palestinien, en refusant de s´attaquer à Jerusalem, parce que malgré les protestations des croisés il avait jugé que reprendre la ville était une chose, mais la garder en était une autre plus difficile. Des nécessités politiques poussèrent Francs et musulmans à parlementer. Du coté occidental Richard doit s´occuper du prince Jean qui cherche à s´approprier son royaume, alors que du coté oriental des troubles internes et la maladie qui ronge Saladin commence à alourdir les combats. Les négociations se feront entre Richard et le frère de Saladin -al-Adil- qui s´appréciaient beaucoup. Pour illustrer le respect mutuel que ressentaient ces deux personnalités il y a une anecdote tout à fait romanesque lors de la bataille d´Arsouf : en plein bataille Al-Adil avait remarqué que Richard combattait sur un cheval extenué. Il lui envoya l´un de ces propres chevaux qui serait une monture plus digne pour ce combattant dont il admirait le courage. Ils s´entendaient si bien que pendant un temps Richard avait envisagé une solution en partageant le royaume de Jerusalem et en unissant sa sœur -Jeanne d´Angleterre- à Al-Adil pour qu´ils règnent tous deux sur la ville sainte. Malheureusement il aurait fallu qu´elle se convertisse à l´islam, ce ne fut donc pas possible. Alors que Richard tente de créer des liens solides avec al-Adil, frère de Salaheddin, de manière à pouvoir le retourner contre son sultan de frère, Salaheddin tente de son coté de créer des liens avec le régent d´Acre, Conrad de Montferrat, qui entretient des rapports tendus avec Richard. C´est dans ce climat tendu à l´équilibre politique incertain que se déroule Assassin´s Creed.










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MessagePosté le: Mar 10 Nov - 18:03 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 10 Nov - 19:37 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Cool ! Merci ! Je me disais aussi que cette frapsoluce manquait cruellement. C'était une de celle que j'aurais faite si j'avais eut le temps !
J'ai déjà fini le jeu mais comme ça je vais pouvoir revoir certaines missions vers la fin sans avoir à tout refaire !
Bonne chance !

PS: oublie pas de bien montrer les infos que tu récupères pendant les phases d'espionnage (cartes avec trajet des gardes, voies de sortie ...) ,:)
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MessagePosté le: Mar 10 Nov - 20:27 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Ouais, je ferai le jeu à 100% avec templiers, drapeaux etc... inclus.
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MessagePosté le: Mer 11 Nov - 20:47 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Bonne chance à toi alors^^. Viser les 100%, surtout côté drapeaux j'ai jamais réussi...

Bonne continuation!!

PS: Pour la 1ère vidéo c'est pas si moche, sauf quelques pixels quand la caméra bouge un peu trop brusquement mais ça se remarque à peine.
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MessagePosté le: Mer 11 Nov - 20:55 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Je vais refaire cette vidéo, j'ai trouvé une astuce pour avoir une qualité audio bien meilleure et un logiciel plus performant que Dr DivX pour avoir une qualité vidéo normalement irréprochable.
J'en profiterai aussi pour étoffer et combler quelques lacunes dans mes commentaires.
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MessagePosté le: Jeu 12 Nov - 00:08 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Ce jeu mérite largement une frapsoluce, et je constate que tu la commentes en plus :)

Rien que pour ça, on a l'obligation de la regarder^^ J'avoue ne pas l'avoir vue en entier, faute de temps disponible, mais je corrigerais cela. Dans tous les cas, bonne chance pour cette frapsoluce.
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MessagePosté le: Jeu 12 Nov - 20:54 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Ben si tu as l'occasion ne la regarde pas tout de suite, je vais la refaire comme je l'ai dit juste avant ton post.
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MessagePosté le: Ven 13 Nov - 10:33 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Ah ben trop tard^^

En tout cas, j'ai apprécié la vidéo et tes commentaires. En particulier lorsque tu nous informes des détails historiques/géographiques. Et je ne sais pas si c'est fait exprès, mais je trouve que le ton est la vitesse à laquelle tu parles, se mélangent à la perfection aux cut-scènes du jeu.
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MessagePosté le: Ven 13 Nov - 11:26 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Merci =)
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Leonheart4869
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MessagePosté le: Dim 15 Nov - 15:45 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

J'ai beaucoup aimé cette vidéo, notamment grâce à tes commentaires instructif ( surtout pour ma cervelle d'inculte xD). En tout cas bonne chance pour tes prochaines vidéos :D
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MessagePosté le: Mar 17 Nov - 20:18 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

J'adore :3 J'vais le piquer à mon frangin ce jeu :D
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MessagePosté le: Mar 17 Nov - 20:39 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Très bonne frapsoluce, j'ai regardé la moitié de la partie 1 j'ai vraiment ris ^^.

J'apprécie beaucoup la qualité de ta vidéo, bon courage pour la suite.
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Dernière édition par Tim le Mer 18 Nov - 14:51 (2009); édité 1 fois
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Jonathan o Maestrim
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MessagePosté le: Mer 18 Nov - 09:28 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Merci =)
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Lowan


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MessagePosté le: Sam 21 Nov - 15:25 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

J'attend la suite avec impatience. Mais vue l'ampleur des recherches que tu exposes, c'est normal que tu prennes ton temps.

Le jeu vidéo c'est aussi des découvertes historique et culturelles. Merci de nous le rappeler John.
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MessagePosté le: Sam 21 Nov - 17:08 (2009)    Sujet du message: [PC] Assassin's Creed Répondre en citant

Très bonne vidéo John Bacc. Sinon lowan ton image ne viendrait pas de snatch par hasard ?
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